"Il est guidé par Dieu !": Trump promet 5000 dollars à tous les Américains si son parti conserve sa majorité au Congrès lors des midterms
Au premier jour d'une convention inédite, mercredi 9 septembre, le président a cherché à personnaliser les élections de mi-mandat afin de mobiliser sa base.

- Publié le 10-09-2026 à 07h33
- Mis à jour le 16-09-2026 à 14h26

"Faites comme si j'étais sur le bulletin de vote !". Traditionnellement, les présidents impopulaires préfèrent rester en retrait des élections législatives et sénatoriales de mi-mandat (midterms). Pas Donald Trump.
Devant une foule de vingt-mille partisans, casquettes "Trump 2028 "sur la tête de certains, réunis à Dallas, le président américain s'est placé au centre de la bataille pour le contrôle du Congrès, jugeant que les deux premières années de son mandat avaient été les plus réussies de "l'histoire de la présidence".
"D'ordinaire, les grands présidents perdent les élections de mi-mandat. On ne sait pas pourquoi. Nous allons changer cela", a-t-il lancé, mercredi, lors d'un discours de près de deux heures au cours duquel il a notamment promis 5 000 dollars à tous les adultes américains si son parti conservait sa majorité au Congrès.
Deux discours
Il s'exprimait dans le cadre d'une convention organisée les 9 et 10 septembre pour mobiliser les troupes en vue des élections du 3 novembre. Une démarche sans précédent dans l'histoire du Parti républicain.
Inspirée des grandes conventions présidentielles qui, tous les quatre ans, investissent les candidats à la Maison-Blanche, ce raout, voulu par Donald Trump et conçu pour le mettre en avant (il doit faire un autre discours en clôture du rendez-vous aussi) avait pour objectif de rappeler les enjeux de ces scrutins qui verront le renouvellement intégral de la Chambre des représentants et d'un tiers du Sénat.
En effet, une victoire de l'opposition permettrait aux élus démocrates de multiplier les enquêtes parlementaires sur son administration. Donald Trump lui-même a évoqué publiquement le risque d'une procédure de destitution en cas de défaite de son camp. L'échec n'est pas irréaliste : les démocrates n'ont besoin de grappiller que quatre sièges à la Chambre des représentants pour reprendre la majorité dans cette assemblée.
Mobilisation intacte
Organiser un temps fort dont il est la vedette n'est pas un calcul absurde pour le locataire de la Maison-Blanche tant sa capacité à mobiliser l'électorat républicain reste considérable. En 2024, il avait notamment amélioré ses performances auprès des jeunes, des électeurs non blancs et de catégories traditionnellement moins assidues dans les urnes.
Mais cette capacité de mobilisation se heurte désormais à une popularité en forte baisse, sur fond d'inquiétudes sur le coût de la vie. Plusieurs candidats engagés dans des circonscriptions disputées ont ainsi choisi de ne pas participer à la convention de Dallas pour éviter d'être associés à son bilan.
Dans les travées de la convention, pourtant, le message est tout autre. "Sa stratégie est toujours couronnée de succès. Il ne laisse jamais rien au hasard ", estime Michelle Gibson, retraitée venue de l'île de Guam.
"S'il reste sur la touche, personne ne se préoccupera des midterms", renchérit Karen Sergison, une militante texane coiffée d'un chapeau de cow-boy. Pour elle, l'enjeu est existentiel. Le Parti démocrate soutient "l'abolition du Sénat, de la police, des frontières", affirme-t-elle, reprenant certaines revendications défendues par des figures de la gauche mais qui ne constituent pas le programme de l'ensemble du parti.
Dans sa robe bleu-blanc-rouge, Terri Leo Wilson, élue à l'Assemblée législative du Texas, reprend à son tour l'argument de la menace "socialiste ", évoquant les victoires remarquées de la gauche dite progressiste dans les primaires démocrates pour le Congrès. "Nous soutenons les marchés libres, les libertés personnelles, le droit à avoir une arme. Il s'agit de préserver l'héritage des Pères fondateurs ", assure-t-elle.
"Révolution bolchevique"
Sur la scène, les intervenants – candidats, élus, ministres, Américains lambda – égrènent les réalisations revendiquées par l'administration Trump : défiscalisation des pourboires, réductions d'impôts, baisse drastique du nombre d'entrées illégales via la frontière sud…
Et présentent le Parti démocrate comme celui des "transgenres dans les sports masculins ", des politiques de diversité et d'inclusion, des vaccins, des "frontières ouvertes", de la hausse des impôts… Des thèmes déjà utilisés lors de la présidentielle de 2024.
Les noms d'Abdul El-Sayed et de Zohran Mamdani, deux figures de la gauche progressiste, musulmans, reviennent à plusieurs reprises. Même chose pour James Talarico, candidat démocrate au Sénat au Texas, attaqué pour avoir dit que "Dieu est non-binaire "."Les Démocrates font leur révolution bolchevique", lance le député Steve Scalise sur scène. "C'est une élection entre le bon sens et le communisme", renchérit un autre élu.
Dans la salle, cependant, certains expriment leur inquiétude. À l'image de Brett Skidmore, venu de l'Idaho, État rural très favorable à Donald Trump, qui reconnaît que la guerre en Iran revient de plus en plus souvent dans les discussions. "Cela commence à peser sur les portefeuilles ", dit-il. Malgré tout, il garde "la foi" en Donald Trump. "Il a sorti des lapins de son chapeau dans le passé. J'espère qu'il fera la même chose pour les midterms".
L'histoire électorale américaine n'est, de ce point de vue, guère favorable au parti présidentiel. Depuis 1938, celui-ci a perdu des sièges à la Chambre lors de 20 des 22 élections de mi-mandat, selon le Brookings Institution. Et plus le taux d'approbation du président est faible, plus les pertes de son parti à la Chambre des représentants tendent à être importantes.
Dans ce contexte, Donald Trump ne se contente pas d'essayer de motiver les siens. Il cherche aussi à changer la tuyauterie électorale, en redécoupant les circonscriptions législatives ou en remettant en cause le vote par correspondance. "Il ose des choses que les autres ne feraient pas. Beaucoup de gens doutent de lui. Pas moi ", estime Christine Detroyer, une militante du Michigan. Et d'ajouter : "Il est guidé par Dieu !".