"Nous avons dû courir et nous mettre à l'abri": la journaliste Clarissa Ward et son équipe pris pour cible par les talibans

La chaîne d'information américaine a publié les images d'une altercation entre un militant taliban et les journalistes en reportage dans les rues de Kaboul.

"Nous avons dû courir et nous mettre à l'abri": la journaliste Clarissa Ward et son équipe pris pour cible par les talibans
©Capture d'écran CNN

Son visage est désormais connu de tous. Clarissa Ward, correspondante internationale en chef pour CNN, couvre la prise de Kaboul par les talibans depuis plusieurs jours déjà. Et ce n'est pas sans danger. La journaliste a récemment commenté une vidéo publiée par la chaîne CNN, qui montre une équipe de journalistes prise pour cible par les talibans. Elle a rapporté que des militants talibans étaient prêts à "frapper avec un pistolet" l'un de ses producteurs de terrain. C'est finalement l'intervention d'un autre taliban qui a permis d'empêcher une attaque.

Sur les images, la journaliste se déplace dans les rues de Kaboul, désormais contrôlées par les talibans. "Rapidement, nous sommes accostés par un combattant taliban en colère", explique en voix off du reportage Clarissa Ward, ajoutant que la situation était "très risquée".

"Soudain, deux autres talibans se dirigent vers nous", explique la jeune femme, tandis que les images tournées à l'iPhone montrent ce qu'il s'est passé plus tôt. On peut voir des talibans s'approcher de Brent Swails, un producteur. Fort heureusement, la situation ne dégénère pas. "Vous pouvez voir la crosse de leur fusil levée pour frapper. Lorsqu'on leur dit que nous avons la permission d'enregistrer, les combattants baissent leurs armes et nous laissent passer." La journaliste a décrit ce moment comme étant "le plus effrayant" pour l'équipe de CNN.

"Tout le monde vient nous voir avec ses papiers"

Elle a également ajouté que son équipe avait été accostée par plusieurs personnes demandant de l'aide pour sortir du pays. "C'est tellement déchirant - tout le monde vient nous voir avec ses papiers, son passeport, en disant 's'il vous plaît, j'ai travaillé au Camp Phoenix, j'ai travaillé dans ce camp, j'étais traducteur, aidez-moi à entrer, aidez-moi à aller en Amérique, aidez-moi à obtenir mon visa, pour sortir du pays'", relate la jeune femme. "Et puis les talibans arrivaient, à un moment donné, ce combattant a levé son arme en l'air comme s'il allait commencer à tirer, alors nous avons dû courir et nous mettre à l'abri", a raconté Clarissa Ward.

Le chaos à l'aéroport de Kaboul

"J'ai couvert toutes sortes de situations folles, mais là, c'était le chaos", a ajouté la journaliste américaine. Elle est également revenue sur ce qu'il se passe à l'extérieur de l'aéroport de Kaboul. "C'était dingue. C'est impossible pour un civil ordinaire, même s'il a ses papiers - il n'y a aucune chance qu'il se lance dans ce guet-apens, aucune chance qu'il puisse s'en sortir. C'est très risqué, c'est très dangereux et c'est complètement imprévisible, il n'y a pas d'ordre, il n'y a pas de système cohérent pour traiter les gens, séparer ceux qui ont des papiers de ceux qui n'en ont pas", déplore-t-elle.

"Honnêtement, pour moi, c'est un miracle que davantage de personnes n'aient pas été très, très, sérieusement blessées", conclut la journaliste.