Municipales 2026: ces dix villes à garder à l'œil
Certaines des 36 000 communes de France seront particulièrement scrutées ce dimanche 15 mars lors du premier tour des élections municipales. Elles risquent de changer de camp car des personnalités y jouent gros ou encore parce que l'élection s'y annonce parfois très incertaine.

- Publié le 14-03-2026 à 08h19
- Mis à jour le 15-03-2026 à 08h49

À Paris : Anne Hidalgo rêvant d'autres horizons que celui du périphérique après deux mandats, c'est son ex-bras droit, Emmanuel Grégoire, qui reprend le flambeau. Il a fort à faire face à une Rachida Dati déterminée à faire basculer la capitale à droite après vingt-cinq ans de gestion socialiste. Sophia Chikirou, pour LFI (extrême gauche), espère quant à elle ravir plusieurs arrondissements, tout comme Sarah Knafo (Reconquête) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance). La bataille s'annonce historique.
À Marseille (Bouches-du-Rhône) : à Marseille, le maire sortant Benoît Payan reste en tête des intentions de vote, mais il est talonné par le candidat RN, Franck Allisio, qui pourrait profiter d'un rapprochement avec Martine Vassal, candidate de la droite et du centre. L'Insoumis Sébastien Delogu pourrait quant à lui jouer un rôle clé dans l'équation finale. En tout cas, tremblement de Canebière en perspective si la cité phocéenne tombe entre les mains du RN.
À Lyon (Rhône) : un match plié ? Grégory Doucet, maire écologiste, affronte Jean-Michel Aulas, figure emblématique de l'Olympique lyonnais. Ce dernier est donné largement vainqueur depuis plusieurs mois, malgré des apparitions et sorties publiques où il est apparu hésitant, sans répondant et parfois perdu dans les chiffres et les dossiers.
À Strasbourg (Bas-Rhin) : l'écologiste Jeanne Barseghia est mal partie face à la socialiste Catherine Trautmann, qui pourrait faire un sacré come-back près de quarante ans après sa première victoire (elle est créditée de 31 % des intentions de vote, loin devant la sortante, deuxième avec 20 % seulement).

À Pau (Pyrénées-Atlantiques) : chassé de Matignon, François Bayrou mise gros, dans une élection où il est candidat à un troisième mandat. Son procès en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du Modem, prévu à partir du 9 septembre, ainsi que l'affaire Bétharram lui coûteront-ils son fief béarnais ?
À Nice (Alpes-Maritimes) : la guerre des droites y a bien lieu. Le maire sortant Christian Estrosi, soutien d'Emmanuel Macron, affronte Éric Ciotti, désormais allié au RN. Un duel sans pitié entre deux "ex" de l'UMP, sur fond de tête de porc avec l'étoile de David découverte au domicile du maire sortant – un coup monté par l'élu lui-même ?
À Nantes (Loire-Atlantique) : la numéro 2 du Parti socialiste, Johanna Rolland, voit sa réélection menacée par un homme de droite, Foulques Chombart de Lauwe, soutenu par le président des Républicains et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau. En cas de défaite, ce serait un coup dur pour le PS, qui dirige la ville depuis plus de quatre décennies.
À Toulouse (Haute-Garonne) : après onze ans à la tête de la Ville rose, Jean-Luc Moudenc (divers droite) va devoir batailler pour conserver son écharpe. Face à lui, pas moins de neuf candidats, dont un socialiste et un insoumis qui espèrent profiter de la dynamique nationale favorable à leur camp. Si ces deux-là s'allient au second tour − ce n'est pas gagné −, le maire sortant pourrait être battu.
À Toulon (Var) : ce pourrait être la première grande ville à tomber dans l'escarcelle du RN. La députée Laure Lavalette se présente sans étiquette officielle mais avec le soutien du parti d'extrême droite. Entre une droite traditionnelle affaiblie par la chute d'Hubert Falco, condamné pour détournement de fonds publics, et une gauche locale divisée, l'ex-porte-parole de Marine Le Pen a un possible boulevard.
À Grenoble (Isère) : après douze ans à la tête de la mairie, l'écologiste Éric Piolle a décidé de ne pas rempiler. Depuis, tout le monde veut sa place : trois candidats de gauche s'affrontent notamment, ce qui pourrait in fine profiter à Alain Carignon, 76 ans, ancien maire RPR de la ville (de 1983 à 95) et ancien ministre, désormais éligible après avoir purgé sa peine.