Qu'est-ce que la "Main Morte", la menace soviétique brandie par Medvedev et qui a provoqué la colère de Donald Trump
Le ton est gravement monté entre Donald Trump et Dmitri Medvedev. Au point que le président américain a ordonné l'envoi de deux sous-marins nucléaires dans des "zones appropriées".

- Publié le 03-08-2025 à 17h33
- Mis à jour le 04-08-2025 à 10h05

Le nouveau délai de Donald Trump imposé à la Russie afin qu'elle cesse ses hostilités à l'encontre de l'Ukraine n'a pas plu à Dmitri Medvedev qui a vivement réagi. Cela aurait pu en rester à la joute verbale mais le président américain a décidé de montrer les dents en ordonnant le positionnement de deux sous-marins nucléaires dans des "zones appropriées" suite à ces commentaires "provocateurs". Loin de vouloir apaiser les choses, l'ancien président russe a répliqué en faisant référence à "la légendaire main morte".
La "Main Morte", aussi appelée "Perimeter" est un système nucléaire automatisé développé dans les années 1980 sous l'URSS alors que la guerre froide bat son plein. Projet ultra-secret et ultra-sécurisé, son fonctionnement reste en partie un mystère et nous ne savons pas s'il est toujours effectif. Son but est de répondre de manière automatique à une éventuelle attaque nucléaire à l'encontre du territoire russe. Ainsi, même dans le cas où la chaîne de commandement russe serait intégralement détruite, une salve de missiles nucléaires serait automatiquement lancée. Cette automatisation serait possible grâce à un réseau de capteurs sismiques, de pression atmosphérique, ou de radioactivité, qui détecterait l'attaque, comme le décrit BFMTV.
Le développement de ce type de système prenait une place prédominante dans la politique de dissuasion militaire de Moscou. Les États-Unis auraient d'ailleurs également été équipés d'un système équivalent. "Cela permettait de calmer tous ces extrémistes et ces têtes brûlées. Quoi qu'il arrive, il y aurait toujours une revanche. Ceux qui nous attaqueront seront punis", témoignait Alexander Zheleznyakov, un ingénieur de fusées russes interrogé par Wired en 2009
Néanmoins, la Fondation pour la recherche stratégique estime que ce système de défense ne serait en réalité que "semi-automatique", car la décision de riposter serait quand même entre les mains d'" un groupe d'officiers dédié en un lieu sécurisé". Une théorie défendue également par le journaliste américain David E. Hoffman, qui a enquêté sur la "Main Morte". "Ils construisirent un système semi-automatique qui confierait le sort de la Terre à trois officiers de service survivants, enterrés profondément sous terre dans un bunker en béton en forme de globe", écrit-il dans son enquête.
