"Un hiver nucléaire pourrait suivre, plongeant le monde dans l'obscurité et le froid": Tulsi Gabbard craint un nouveau Hiroshima
La directrice du renseignement national américain craint que l'escalade des conflits internationaux mène à l'utilisation d'armes nucléaires, qui auraient des conséquences dévastatrices pour l'humanité.

- Publié le 12-06-2025 à 12h46
- Mis à jour le 12-06-2025 à 14h26

Suite à une visite à Hiroshima, Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national américain, s'est exprimée dans une séquence vidéo postée sur ses réseaux sociaux personnels, dans laquelle elle met en garde face aux conséquences que pourrait avoir un conflit nucléaire.
Elle explique avoir vécu un véritable choc en visitant la ville japonaise d'Hiroshima, dévastée en 1945 par une bombe nucléaire américaine. Dans cette séquence face caméra, entrecoupée d'images d'archive, la directrice du renseignement américain explique que "nous nous trouvons ici aujourd'hui, plus près que jamais du bord de l'annihilation nucléaire, les élites politiques et les bellicistes attisent négligemment la peur et les tensions entre les puissances nucléaires". "C'est peut-être parce qu'ils sont convaincus d'avoir accès, pour eux et leurs familles, à des abris nucléaires auxquels les citoyens ordinaires n'ont pas accès. C'est donc à nous, le peuple, de nous exprimer et d'exiger la fin de cette folie", ajoute-t-elle.
Elle rappelle également que l'attaque d'Hiroshima a provoqué la mort de "plus de 300 000 personnes, dont beaucoup sont mortes sur le coup tandis que d'autres sont mortes de brûlures graves, de blessures, de maladies dues aux radiations et de cancers qui se sont déclarés dans les mois et les années qui ont suivi".
Gabbard met en garde face à la possibilité de l'usage d'armes nucléaires par certaines puissances, précisant que les bombes développées aujourd'hui sont beaucoup plus puissantes que celles de l'époque. "Une simple arme nucléaire actuelle pourrait tuer des millions de personnes en quelques minutes."
Si l'explosion en elle-même serait déjà extrêmement dévastatrice. Tulsi Gabbard alerte également sur les conséquences qui suivent de telles attaques. "Du poison radioactif se propagerait dans les airs, l'eau et les sols, condamnant les survivants à une mort agonisante ou à une vie de souffrance. Un hiver nucléaire pourrait suivre, avec de la fumée et des cendres bloquant complètement le soleil, plongeant le monde dans l'obscurité et le froid, tuant les récoltes et affamant des milliards de personnes. Des pluies d'acide scarifieraient la terre anéantissant des écosystèmes entiers. C'est réellement ce qui est en jeu, ce à quoi nous faisons face maintenant."
Des menaces avérées
Cette prise de position intervient alors que la Russie a, à plusieurs reprises, proféré la menace d'utiliser des armes nucléaires contre l'Ukraine et ses alliés. Depuis l'investiture de Donald Trump en janvier 2025, l'administration américaine a tenté maintes fois de mettre fin à la guerre entre Moscou et Kiev. Mais les tentatives sont pour le moment restées infructueuses.
Si dans un premier temps, le Président américain s'est montré très sévère vis-à-vis de l'Ukraine et a malmené Volodymyr Zelensky. Depuis plusieurs mois, l'inflexibilité de Vladimir Poutine pour trouver un compromis a suscité la colère de Donald Trump et de certains membres du Sénat qui plaident pour une réponse plus musclée contre Moscou.
"Favorite du Kremlin"
Le partage de cette séquence sur son compte personnel plutôt que sur son réseau officiel suggère que les commentaires de Tulsi Gabbard n'engagent qu'elle et ne représentent pas ceux de l'administration Trump. Ce pourrait être un message directement adressé à son président ?
Lors de sa nomination, Tulsi Gabbard a été épinglée pour ses liens présumés avec le pouvoir russe, ce qui lui a d'ailleurs valu le surnom de "favorite du Kremlin" par Hillary Clinton. Elle a de nombreuses fois imputé la responsabilité de la guerre en Ukraine à Joe Biden et son administration, affirmant qu'ils n'avaient pas répondu "aux préoccupations sécuritaires légitimes" de Moscou.
