Une large majorité d'États membres appuient la volonté des présidents de la Commission et du Conseil, Ursula von der Leyen et Charles Michel, mais aussi du couple franco-allemand, de conditionner le déboursement de subsides européens au respect de l'État de droit, une nécessité à leurs yeux au vu des dérives observées ces dernières années en Pologne et en Hongrie.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui ferraille pour conditionner le fonds de relance à de profondes réformes socio-économiques dans les pays aidés, en a fait lui aussi une condition sine qua non d'un accord, diluant ainsi la responsabilité d'un éventuel échec du sommet.

S'adressant à la presse dimanche en fin de matinée, le dirigeant hongrois Viktor Orban, dont les réformes font pourtant l'objet de plusieurs recours des institutions européennes, a assuré qu'il soutenait l'État de droit en général. À ses yeux, la délégation néerlandaise tente de créer un nouveau mécanisme qui requerrait une modification des traités européens.

Le populiste n'a pas hésité à en faire une question de personnes et d'identité et à se poser en victime. "Je ne sais pas quelle est la raison personnelle pour laquelle le Premier ministre néerlandais me hait, moi ou la Hongrie, mais il attaque si durement", a-t-il commenté. "Nous devons le dire clairement: si un accord est bloqué, ce ne sera pas de ma faute mais celle du gars des Pays-Bas, parce que c'est lui qui a commencé", a ajouté M. Orban. "Mais nous, les Hongrois, sommes prêts à rester. Nous avons réservé notre hôtel pour une semaine."