Le week-end meurtrier en Israël et à Gaza fait craindre un embrasement régional
Au moins douze morts dans le Golan israélien, trente à Gaza. La région s'embrase et l'Iran menace.
- Publié le 28-07-2024 à 19h56
- Mis à jour le 31-07-2024 à 14h59

Israël a promis dimanche de "frapper l'ennemi avec force", au lendemain d'une frappe meurtrière sur le plateau du Golan annexé, imputée au Hezbollah libanais. De quoi faire craindre un embrasement régional en pleine guerre dans la bande de Gaza, l'Iran ayant d'ores et déjà mis en garde Israël contre les "conséquences" d'une attaque de représailles au Liban. "Toute action […] peut conduire à l'aggravation" de "la guerre dans la région", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani.
Le Hezbollah a "franchi toutes les lignes rouges"
Selon Israël, un tir de roquette effectué samedi depuis le Liban sur un terrain de football dans la ville de Majdal Shams a causé la mort de 12 jeunes âgés de 10 à 16 ans et en a blessé environ 30 autres. D'après Tel Aviv, la roquette était une roquette iranienne de type Falaq avec une ogive de 53 kilogrammes. Le Hezbollah, qui nie être l'auteur de l'attaque, est le seul à en posséder, a affirmé le ministère israélien des Affaires étrangères, qui a estimé que le mouvement islamiste libanais soutenu par l'Iran, avait "franchi toutes les lignes rouges" en tirant "sur des civils". Le Hezbollah paiera "le prix fort" pour cette attaque, a averti le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avant de rentrer dimanche d'un déplacement aux États-Unis pour présider une réunion du cabinet de sécurité.
Le tir est intervenu après l'annonce de la mort de quatre combattants du Hezbollah dans une frappe israélienne dans le sud du Liban. Samedi soir, le mouvement libanais disait avoir lancé des roquettes en direction de positions militaires dans le Golan, dont une Falaq, avant de démentir être à l'origine du tir sur Majdal Shams.
Cette petite ville druze se trouve sur le plateau du Golan, région stratégique au carrefour de trois pays (Syrie, Liban, Israël) qui a été conquise en grande partie par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Israël en a annexé les deux tiers en 1981 mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion.
"Agir avec sang-froid"
Paris, Berlin, Londres et bien entendu les États-Unis ont tous condamné l'attaque. L'ONU, de son côté, a mis en garde contre une "conflagration plus large" dans la région, l'Union européenne (UE) a réclamé une "enquête internationale indépendante" et Berlin appelé à "agir avec sang-froid".
Le Hezbollah, allié du Hamas, a ouvert un front contre Israël à leur frontière commune et échange quotidiennement des tirs avec l'armée israélienne en soutien aux Palestiniens de Gaza depuis le déclenchement des hostilités. Les événements de samedi ne devraient d'ailleurs pas faire oublier que la guerre se poursuit durement à Gaza malgré les appels de la communauté internationale à la signature d'un cessez-le-feu. L'offensive israélienne lancée en riposte au massacre du 7 octobre, qui avait fait 1197 victimes, a fait au moins 39 324 morts à Gaza, dont 66 ces dernières 48 heures, selon des données du ministère de la Santé de la bande de Gaza, administré par le Hamas.
Dimanche, des tirs israéliens ont visé la ville de Gaza (nord), de même que les camps de Nousseirat (nord) et d'al Bureij (centre). Dans le sud, des tirs ont retenti à Rafah et l'armée a fait exploser plusieurs bâtiments résidentiels à Khan Younès où elle continue de mener des opérations.
Frappe israélienne sur une école
Samedi, déjà, une frappe israélienne sur une école abritant des réfugiés dans le centre avait fait au moins 30 morts, selon le mouvement islamiste palestinien. "L'école Khadija, qui abritait une unité médicale de fortune dans la région de Deir al Balah, a été ciblée (par une frappe qui a) fait 30 martyrs et plus de 100 blessés", a déclaré le ministère de la Santé du Hamas dans un communiqué.
"J'ai été choqué par la scène", témoigne Moustafa al Rifati, un Palestinien qui se trouvait dans l'école. "Les gens volaient, leurs têtes, leurs jambes et leurs mains volaient". Selon la Défense civile de Gaza, la structure abritait environ 4 000 déplacés qui s'y étaient réfugiés pour échapper aux opérations de l'armée israélienne, qui a indiqué de son côté avoir ciblé des "terroristes" opérant depuis l'école. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a condamné cette attaque, alors que la population "déjà très fragile" de Gaza doit se déplacer encore et encore, sans qu'aucune fin ne soit en vue". Après l'échec de multiples négociations sur une trêve associée à une libération d'otages, une réunion de représentants des médiateurs – Égypte, États-Unis, Qatar – avec le chef des renseignements israéliens devait avoir lieu à Rome, ce dimanche
