L'Iran en proie à une nouvelle campagne de sabotages coordonnés
Une série d'explosions et d'incendies à travers le pays suggère que le régime fait face à des séquelles de la guerre contre Israël.

- Publié le 23-07-2025 à 19h26
- Mis à jour le 23-07-2025 à 19h30

Une série d'incendies et d'explosions récentes, inexpliquées ou mal justifiées, suggère que l'Iran fait l'objet d'une nouvelle campagne de sabotages coordonnés. Ces événements, observés depuis une quinzaine de jours à travers tout le pays, se sont succédé à un rythme quasi quotidien, visant des infrastructures stratégiques, des sites industriels ou des immeubles officiels. La semaine dernière, trois incidents survenus en moins de vingt-quatre heures ont ainsi éveillé de tels soupçons alors que les raisons données par les autorités paraissaient trop systématiques, simplistes voire farfelues. L'explosion due à une fuite de gaz, conséquence d'une erreur technique ou d'une négligence, est ainsi devenue la principale explication officielle à ces incidents.
"Ce ne sont pas les preuves matérielles mais le narratif assez caricatural et systématique promu par les autorités de la République islamique qui ont conduit à penser qu'elles sont la cible d'une campagne de sabotage et qu'elles tentent de masquer ces opérations clandestines", décode le chercheur Clément Therme, chargé d'enseignement à l'Université Paul Valéry de Montpellier et à Sciences Po Paris. L'autre élément abondant dans ce sens, ce sont les théâtres de ces incidents. "Ces explosions se produisent dans des lieux particuliers, ou à proximité, comme ce fut le cas pour le bâtiment de l'organisation de la justice", poursuit ce spécialiste de l'Iran.
Tentative de camouflage
Le 11 juillet, une explosion a gravement endommagé un immeuble résidentiel à Téhéran, faisant une dizaine de blessés. La fuite de gaz invoqué, et mise sur le compte de la "négligence du propriétaire", résume cette tentative de camouflage de la part des autorités dans la mesure où il est apparu par la suite que l'immeuble n'était pas raccordé au réseau de gaz urbain. L'affaire, qui a déclenché une campagne de plaisanteries sur les réseaux sociaux, montre aussi que la population n'est pas dupe. Un incendie a aussi touché l'aéroport Hashemi Nejad de Machhad, dans le nord-est du pays, une infrastructure qu'Israël avait bombardée le 15 juin, lors de la guerre de douze jours entre les deux pays. D'autres incidents ont eu lieu à Qom, Tabriz, Karaj ou Abadan.
La succession des incidents dans un laps de temps aussi court a néanmoins poussé les autorités à enquêter discrètement, selon des sources anonymes avancées par le New York Times. Elles seraient convaincues de faire l'objet d'une campagne coordonnée qu'elles attribueraient à Israël et au Mossad. Ces incidents pourraient en effet constituer des séquelles secrètes de la guerre du mois dernier entre Israël et l'Iran. Ces deux dernières décennies, l'État hébreu est coutumier d'opérations clandestines diverses, des sabotages d'installations, des cyberattaques, ou des assassinats ciblés, visant tant des sites industriels ou militaires (comme en 2020) que des personnalités liées au régime iranien ou des scientifiques de son programme nucléaire. L'objectif est toujours identique : réduire la menace iranienne, en particulier court-circuiter ses avancées dans la quête d'une arme atomique.
