Maxime Prévot convoque l'ambassadrice d'Israël après les annonces de Netanyahu sur Gaza, les réactions internationales se multiplient

Le cabinet de sécurité israélien a validé, dans la nuit de jeudi à vendredi, un plan présenté par Benjamin Netanyahu visant à "vaincre" le Hamas et à "prendre le contrôle" de la ville de Gaza, ravagée par la guerre et confrontée à une grave crise humanitaire.

BRUSSELS, BELGIUM - JULY 04 : Maxime Prévot (Minister for Foreign Affairs, European Affairs and Development Cooperation (Les Engages)) pictured during the KERN Federal Government on July 4, 2025 in Brussels, Belgium, 04/07/2025 ( Photo by Didier Lebrun / Photonews
Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Engagés) indique vendredi avoir convoqué l'ambassadrice d'Israël en Belgique, Idit Rosenzweig-Abu, après l'annonce du projet du gouvernement israélien d'occuper la ville de Gaza. ©DLE

Le plan du gouvernement israélien "visant à une prise de contrôle militaire complète de la bande de Gaza occupée doit être immédiatement stoppé", a déclaré vendredi le Haut-Commissaire aux droits de l'homme Volker Türk dans un communiqué.

Ce plan, adopté dans la nuit de jeudi à vendredi par le cabinet de sécurité israélien, "va à l'encontre de la décision de la Cour internationale de justice selon laquelle Israël doit mettre fin à son occupation dès que possible, de la réalisation de la solution à deux Etats convenue et du droit des Palestiniens à l'autodétermination", accuse M. Türk.

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Engagés) indique vendredi avoir convoqué l'ambassadrice d'Israël en Belgique, Idit Rosenzweig-Abu, après l'annonce du projet du gouvernement israélien d'occuper la ville de Gaza. Le ministre belge indique vouloir "témoigner de notre totale désapprobation quant à cette décision, mais également quant à la poursuite de la colonisation" israélienne dans les territoires palestiniens. Il s'agit désormais de "plaider vigoureusement pour une marche arrière de ces velléités", ajoute-t-il dans une déclaration transmise à l'agence Belga.

Ces derniers jours, la proposition du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'opter pour une occupation totale de la bande de Gaza, y compris la ville de Gaza et les camps de réfugiés situés dans le centre du territoire, a engendré craintes et désapprobation du côté de l'opposition israélienne, des familles des otages encore aux mains du Hamas et d'une grande part de la communauté internationale. Dans la nuit de jeudi à vendredi, et malgré l'avis contraire du chef de l'armée israélienne, le cabinet de sécurité israélien a approuvé cette option.

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L'ONU n'a pas tardé à réagir : ce plan "doit être immédiatement stoppé", a lancé le Haut-Commissaire aux droits de l'homme Volker Türk.

Un avis partagé par le ministre belge des Affaires étrangères, dont le cabinet a transmis vendredi une brève déclaration. Il parle d'une série d'actes "inadmissibles" et "contraires au droit international".

"Suite à la confirmation officielle par le gouvernement israélien de sa volonté d'encercler puis d'occuper la ville de Gaza et de prendre le contrôle militaire de toute la bande de Gaza, le Ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a décidé de faire convoquer l'Ambassadrice d'Israël. L'objectif est clairement de témoigner de notre totale désapprobation quant à cette décision, mais également quant à la poursuite de la colonisation, notamment la reprise du projet E1 à l'Est de Jérusalem, et la volonté d'annexion de la Cisjordanie récemment promue par la Knesset. Autant d'actes cumulés susceptibles de potentiellement rayer la Palestine de la carte, qui sont inadmissibles et contraires au droit international, aux résolutions des Nations-Unies et aux décisions de la Cour internationale de justice", affirme-t-il.

"Il s'agira de plaider vigoureusement pour une marche arrière de ces velléités qui seraient de nature à compromettre définitivement toute perspective de cessez-le-feu et de solution pacifique et durable à deux États pour lesquelles la Belgique insiste depuis des mois, sans omettre le libre-accès terrestre total pour l'aide humanitaire", poursuit le ministre. "S'il est légitime de vouloir anéantir le groupe terroriste du Hamas, cela ne saurait se faire au travers d'opérations disproportionnées qui allongeront encore plus la déjà très et trop longue liste de victimes civiles palestiniennes."

Le plan de Benjamin Netanyahu a été validé: Israël se prépare à occuper toute la bande de Gaza

Le plan israélien pour Gaza "coûtera cher" à Israël et aboutira au "sacrifice" des otages

sraël se prépare à commettre un "nouveau crime de guerre" avec son plan de prendre le contrôle de la ville de Gaza, "une aventure criminelle qui lui coûtera cher" et aboutira au "sacrifice des otages", a affirmé vendredi le Hamas.

"L'approbation par le cabinet sioniste des plans visant à occuper la ville de Gaza et à évacuer ses habitants constitue un nouveau crime de guerre que l'armée d'occupation souhaite commettre contre la ville et ses près d'un million d'habitants", a réagi le mouvement islamiste palestinien.

"Cette aventure criminelle coûtera cher et ne sera pas un voyage facile" pour l'armée israélienne, ajoute ce communiqué diffusé sur Telegram.

La décision d'occuper la ville de Gaza, annoncée vendredi matin à l'issue d'une réunion du cabinet de sécurité du Premier ministre israélien, confirme que Benjamin Netanyahu et son gouvernement "ne se soucient pas du sort de leurs otages".

"Ils ont compris que l'extension de l'agression signifie leur sacrifice, révélant leur imprudence envers la vie des prisonniers pour des objectifs politiques ayant déjà échoué", soutien le mouvement islamiste, qui retient toujours 49 otages, dont 27 sont présumés morts, depuis son attaque sanglante le 7 octobre 2023 depuis Gaza en territoire israélien.

Le Hamas et son allié du Jihad islamique ont diffusé trois vidéos de propagande en fin de semaine dernière qui ont choqué en Israël et suscité une condamnation unanime à l'international. Deux otages y apparaissent très amaigris et affaiblis, dont l'un, détenu dans l'obscurité d'un tunnel, creuse sa propre tombe.

En conclusion de son communiqué, le Hamas soutient "qu'il n'épargnera aucun effort pour prendre toutes les mesures afin de préparer le terrain à un accord, y compris avancer vers un accord global pour libérer tous les prisonniers de l'occupation en une seule fois, parvenir à un arrêt de la guerre et au retrait des forces d'occupation."

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"Catastrophique"

L'opposition israélienne a vivement critiqué le projet du gouvernement israélien d'occuper la ville de Gaza. Le chef de l'opposition, Yair Lapid, parle d'"une catastrophe qui entraînera d'autres catastrophes", contrairement à l'avis de l'armée et des services de sécurité, rapportent les médias israéliens.

Selon Yair Lapid, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est laissé "entraîner" par les ministres d'extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich dans une opération qui durera des mois, coûtera la vie à des otages et à des soldats et des dizaines de milliards et isolera politiquement Israël. "C'est exactement ce que veut le Hamas : enfermer Israël dans une occupation sans issue, sans plan pour l'avenir".

Le chef du parti Yisrael Beytenu et ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman affirme que cette décision prouve que "des décisions vitales sont prises au mépris des intérêts sécuritaires et des objectifs de guerre".

Yair Golan, président du parti The Democrats, craint que "davantage d'otages soient sacrifiés" et qualifie Netanyahu de "faible, facilement influençable et incapable de prendre des décisions". Selon lui, Israël continuera ainsi à patrouiller à Gaza "pendant des générations", ce qui coûtera des centaines de milliards. "Comment le gouvernement compte-t-il démilitariser la ville de Gaza ? Allons-nous fouiller chaque tunnel et récupérer jusqu'au dernier fusil ?".

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé jeudi soir la proposition du Premier ministre Netanyahu d'occuper la ville de Gaza. Environ 800.000 Palestiniens y vivent. Israël contrôle actuellement environ 75% de la bande de Gaza, habitée par près de deux millions de Palestiniens. Presque tous ont fui vers les zones non encore occupées.

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Londres exhorte Israël à "reconsidérer immédiatement" son plan

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié vendredi d"erreur" le plan annoncé par Israël pour "vaincre" le Hamas à Gaza et a exhorté le gouvernement de Benjamin Netanyahu à le "reconsidérer immédiatement".

"La décision du gouvernement israélien d'intensifier son offensive à Gaza est une erreur et nous l'exhortons à reconsidérer sa décision immédiatement. Cette action ne contribuera en rien à mettre fin au conflit ni à obtenir la libération des otages. Elle ne fera qu'engendrer davantage de massacres", a déclaré Keir Starmer dans un communiqué.

Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dans la nuit de jeudi à vendredi un plan présenté par Benjamin Netanyahu pour "vaincre" le Hamas et "prendre le contrôle" de la ville de Gaza, dévastée par la guerre et en proie à une grave crise humanitaire.

"Ce dont nous avons besoin c'est d'un cessez-le-feu, une augmentation de l'aide humanitaire et la libération de tous les otages", a estimé Keir Starmer, qui rappelle que Londres oeuvre "avec (ses) alliés" à un "plan de long terme pour garantir la paix dans la région, dans le cadre d'une solution à deux Etats".

"Notre message est clair: une solution diplomatique est possible, mais les deux parties doivent s'éloigner de la voie de la destruction", a insisté Keir Starmer, ajoutant que le Hamas "ne peut jouer aucun rôle" à l'avenir dans le territoire palestinien, et doit "être désarmé".

Le chef du gouvernement britannique a annoncé fin juillet que le Royaume-Uni envisageait de reconnaître l'Etat de Palestine en septembre si Israël ne prenait pas une série d'engagements, dont celui d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

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La Turquie a exhorté vendredi la communauté internationale à "empêcher" la mise en oeuvre du plan présenté par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour prendre le contrôle militaire de la ville de Gaza.

"Nous appelons la communauté internationale à assumer ses responsabilités en vue d'empêcher la mise en oeuvre de cette décision, qui vise à déplacer de force les Palestiniens de leur propre terre en rendant Gaza inhabitable", écrit le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

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