À Gaza, le Hamas annonce son départ partiel du pouvoir
Après 20 ans aux rênes du territoire palestinien, le Hamas a annoncé lundi la dissolution de son organe gouvernemental. Afin de priver Israël de son "prétexte" pour poursuivre son agression.
- Publié le 06-07-2026 à 18h55

La conférence de presse du Hamas, organisée devant l'hôpital Al-Aqsa à Deir El Balah, aura à peine duré cinq minutes. Le temps d'annoncer la démission du président du Comité gouvernemental de l'organisation islamiste, Mohammad Al-Farra, et d'exprimer sa volonté de "faciliter la transition administrative et gouvernementale vers le Comité national pour l'administration de Gaza" (NCAG), créé par le Conseil de la Paix de Donald Trump après le cessez-le-feu d'octobre 2025. Le transfert du pouvoir du Hamas au profit d'une autre entité palestinienne avait été publiquement approuvé par le mouvement quelques mois après le début de la guerre à Gaza, le 8 octobre 2023.
Le nouveau comité patine
Lors de la conférence, le mouvement a formulé le vœu que ses fonctionnaires et les employés de ses services publics ne quittent pas leurs fonctions. Résultat, argue-t-il, d'un "commun accord par les factions palestiniennes" lors des négociations tenues au Caire, en Égypte. Les employés gouvernementaux du Hamas œuvreraient ainsi sous l'autorité du nouveau comité technocratique (NCAG) dirigé par le Palestinien Ali Chaath. Mais depuis plusieurs mois, ce comité est basé au Caire, car Israël s'oppose à son déploiement effectif à Gaza, ont précisé plusieurs sources à l'Agence France Presse. Et selon Rami Abou Jamous, journaliste gazaoui qui s'est exprimé lundi matin depuis Gaza, rien n'indique que le comité se plie à cette demande lors de sa future installation dans l'enclave. "Si le comité n'accepte pas les fonctionnaires actuels du Hamas, précise-t-il, il y aura environ 45 000 personnes sans salaire à Gaza".
Ali Chaath a rapidement pris note, dans un communiqué, de la démission des instances dirigeantes du mouvement palestinien. Le président du NCAG a réaffirmé sa volonté d'"assumer ses responsabilités nationales" dès que les conditions d'installation dudit comité seraient réunies sous l'égide d'"une seule autorité, d'une seule loi […] ainsi que d'une seule force armée placée sous cette autorité". Pour Abou Jamous, Ali Chaath envoie ce faisant un signal clair en faveur d'une distanciation avec le Hamas.
En l'état des choses, l'organisation islamiste ne se plie pas aux articles 5 et 8 de la feuille de route pour la paix de Donald Trump. Le premier prévoit que le comité absorbe les fonctionnaires du gouvernement du Hamas, sans toutefois répondre à la demande du mouvement d'apporter de garanties financières pour ceux qui ne seront plus employés. Le second encadre le désarmement des forces du Hamas, principale pierre d'achoppement des négociations pour une paix durable.
Israël poursuit ses frappes
Pour son porte-parole, Hazem Qassem, l'organisation islamiste franchit ce lundi "une nouvelle étape" en renonçant à administrer la bande de Gaza, "afin de priver l'occupation (israélienne, NdlR) de tout prétexte pour poursuivre son agression et sa guerre d'extermination". Lundi dans la matinée, Rami Abou Jamous partageait, outre son analyse, les images d'une frappe israélienne effectuée à Khan Younès, dans le sud de l'enclave. Un premier bilan faisait état de deux morts et d'une quinzaine de blessés.
Au moins 1 072 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu il y a près de huit mois. De son côté, l'armée israélienne affirme avoir perdu cinq soldats et un contractuel à Gaza sur la même période.
