Netanyahou ordonne l'expulsion d'une centaine de colonies "sauvages"
Le Premier ministre israélien a émis un ordre visant le démantèlement d'avant-postes illégaux en Cisjordanie occupée.

- Publié le 07-09-2026 à 19h00

Une centaine de colonies dites "sauvages" implantées en Cisjordanie occupée seraient concernées par un ordre d'expulsion émis par le gouvernement israélien. Ces "avant-postes" illégaux, établis sans l'autorisation de l'État israélien, devront être démantelés. L'ordre donné par Benjamin Netanyahou, bien qu'annoncé par la bande dimanche sur le média israélien Ynet, a de quoi surprendre.
À l'approche des élections législatives du 26 octobre, c'est le signe que le gouvernement lâche un peu de lest alors que la pression américaine s'est faite plus incisive ces derniers temps. Au grand dam du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, un colon partisan d'une annexion de ce territoire reconnu internationalement comme palestinien. Celui-ci a reconnu ne pas être en phase avec l'ordre du chef de gouvernement et que celui-ci concernait l'éviction de structures construites dans les zones A et B de Cisjordanie (mises en place il y a plus de trente ans par les Accords d'Oslo). Celles-ci sont toutes deux sous contrôle administratif de l'Autorité palestinienne et abritent la plupart des foyers palestiniens.
L'injonction du Premier ministre israélien, dont on ne sait quand elle sera mise en œuvre, s'inscrit dans le contexte des violences et des tensions impliquant des colons juifs à l'égard des Palestiniens. L'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a récemment qualifié de "terroristes" les colons violents et appelé à ce que leurs comportements leur valent de lourdes conséquences. Il avait notamment rencontré plusieurs Américains d'origine palestinienne dans une bourgade palestinienne de Cisjordanie.
Vols de propriétés
Les incidents entre colons juifs et habitants palestiniens se sont multipliés ces dernières années dans le sillage de la guerre dans la bande de Gaza et de la radicalisation des violences suite aux massacres du Hamas en Israël le 7-Octobre. Les colons juifs qui s'installent dans ces bâtiments préfabriqués ou baraquements de fortune – parfois même de simples caravanes — constituant ces implantations sauvages figurent parmi les plus virulents. Harcèlement, intimidation, déprédation, leurs actions vont jusqu'au vol de propriétés privées, au détriment des habitants palestiniens. Devant le niveau des violences, certains d'entre eux ont fait l'objet de sanctions dans différents pays, en Europe et aux États-Unis.
À la différence des 146 colonies planifiées par l'État d'Israël et implantées sur des terres publiques que celui-ci administre, les quelque 300 colonies sauvages installées sans autorisation par des colons radicaux sur des terres privées palestiniennes sont illégales dans le droit israélien. Au fil des décennies, certains de ces avant-postes ont fait l'objet de mesures de démantèlement, d'autres de procédures de régularisation. Une loi visant à les régulariser dans leur ensemble, avait même été adoptée par la Knesset en février 2017, mais la Cour suprême d'Israël l'avait suspendue six mois plus tard.
Toutes les colonies installées en Cisjordanie depuis 1967, où vivent au total quelque 700 000 Israéliens, sont toutefois considérées comme illégales au regard du droit international. Aucune puissance occupante n'a en effet le droit de transférer des populations civiles dans un territoire qu'il administre. Israël estime, de son point de vue, que la Cisjordanie est un territoire "disputé" et non "occupé".
Parallèlement à l'ordre émis par le Premier ministre, la Cour suprême d'Israël a décidé dimanche que les autorités militaires israéliennes doivent permettre le retour en toute sécurité de trois familles palestiniennes ayant été spoliées de leurs maisons dans le village de Jaloud, situé en Ramallah et Naplouse.