Le casse-tête du photovoltaïque bientôt dénoué ?

Le système des certificats verts doit être revu pour le 1er avril. Le dossier revient ce jeudi sur la table du gouvernement wallon, un casse-tête pour Jean-Marc Nollet, le ministre wallon de l'Energie.

L.Lam.
Le casse-tête du photovoltaïque bientôt dénoué ?
©Jean-Luc Flémal

Le dossier photovoltaïque est un casse-tête pour Jean-Marc Nollet, le ministre wallon de l'Energie. Plusieurs voix de l'opposition et de la majorité ont récemment dénoncé le système des certificats verts en raison de son coût élevé répercuté sur l'ensemble des consommateurs. La CWaPE, le régulateur wallon du marché de l'énergie, a aussi régulièrement critiqué un système qu'il juge trop généreux.

Ses défenseurs estiment, en revanche, qu'il est nécessaire de subsidier le photovoltaïque avant qu'il ne vole de ses propres ailes. La filière nucléaire a bénéficié, elle aussi, d'un soutien important. Or, le cas de la centrale française de Brennilis montre que le coût du démantèlement pourrait être sous-estimé.

Dès le 1er avril, le mécanisme actuel de soutien au photovoltaïque arrivera à échéance mais les partenaires du gouvernement wallon ne sont toujours pas d'accord sur son successeur. "En l'absence de décision d'ici le 1er avril, c'est le plan général du soutien au renouvelable qui sera d'application", précise Francis Ghigny, le directeur de la CWaPE. Il s'agit donc d'un soutien beaucoup moins généreux pour le photovoltaïque. Un certificat vert par MWh produit avec des panneaux serait octroyé au lieu de cinq.

Ce jeudi, les partenaires de la majorité doivent se pencher sur le dossier des certificats verts. La révision du système est inscrite à l'ordre du jour du gouvernement qui tente de trouver une solution à ce problème depuis plusieurs semaines. Dans les cercles gouvernementaux, on reste discret sur les pistes qui sont sur la table pour éviter d'embrouiller un peu plus le grand public. De la mise en réserve des certificats verts à la prise en charge du coût par la Région wallonne, l'éventail de mesures est large. Précisons qu'il est de toute façon exclu de revoir les règles du jeu pour les installations déjà en place.

Un soutien déjà réduit

Au fil des années, le soutien au photovoltaïque a été progressivement réduit. Le système actuel octroie cinq certificats verts au lieu de sept sur une période de dix ans au lieu de quinze ans auparavant. Dans un avis rendu en avril 2012, la CWaPE a plaidé pour une sortie du plan Solwatt. Selon le régulateur, le système actuel serait administrativement trop complexe pour des petites productions et devrait donc être réservé aux entreprises. La CWaPE estime qu'il faudrait plutôt assurer aux particuliers un retour sur investissement de sept ans qui tient compte de l'économie en électricité réalisée. "Après sept ans, le particulier gagne sur l'économie d'électricité, précise Francis Ghigny. Entre 2017 et 2020, il sera peut-être possible d'arrêter de subsidier l'achat de panneaux. Si l'électricité devient plus chère et que le prix des panneaux diminue, l'investissement pourra être directement rentable." La CWaPE évalue à 400 millions d'euros l'économie qu'aurait réalisée la Région si sa proposition avait été suivie l'année dernière. Le soutien au photovoltaïque est estimé à 2,5 milliards d'euros à l'horizon 2027.


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