"À 21 heures, le ciel était orange. Une heure plus tard, on a dû tout quitter" : les témoignages de Belges évacués en France
Parmi les plus de 20 000 personnes évacuées cette semaine en France en raison des feux de végétation se trouvent de nombreux Belges.
- Publié le 24-07-2026 à 16h22
- Mis à jour le 24-07-2026 à 17h21

Mélissa, son mari, leur fils de 10 ans et leur chien séjournaient au camping "Au lac de Biscarrosse", situé dans le village de Parentis-en-Born quand ils ont reçu l'ordre d'évacuer les lieux sur-le-champ en raison des incendies qui sévissent dans la région. La mère de famille décrit une scène impressionnante. "Jeudi après-midi, en sortant du bungalow, j'ai senti l'odeur de brûlé et j'ai vu des cendres sur la table. La fumée était très impressionnante. Vers 21 heures, le ciel est devenu orange à cause des flammes. Une heure plus tard, on nous a demandé d'évacuer le camping", relate-t-elle.
Les vacanciers sont alors invités à rejoindre la salle des fêtes d'un village voisin mais ils décident d'écourter leurs vacances et de rentrer en Belgique. "Je suis triste pour toutes les personnes qui vivent sur place et pour les animaux. Nous, nous ne sommes que des vacanciers, mais pour eux, les conséquences sont bien plus dramatiques", soupire la Couvinoise.
Ciel noir de fumée
François, un autre Belge, était également en vacances près de Biscarrosse quand les incendies ont éclaté. "Au départ, le feu se situait à plus de 60 kilomètres de notre camping mais jeudi, la situation a dégénéré et les autorités ont estimé que les feux étaient devenus incontrôlables. Hier après-midi, un nouveau feu a éclaté à cinq kilomètres de notre emplacement, nous avons donc pris la décision d'écourter notre séjour. Le ciel était noir de fumée", décrit-il.
Quant à Florence, elle a été forcée de quitter son camping en pleine nuit. "Nous étions à la Jenny, à côté du Porge. Mercredi soir, on est allé à la plage. Le soleil était voilé. On voyait les fumées. C'était déjà très impressionnant", évoque-t-elle.
Quelques heures plus tard, en pleine nuit, le camping est évacué. "C'était très particulier comme ambiance, on était des milliers à longer la mer en voiture, en file. On a roulé comme ça pendant une heure et demie jusqu'à la salle des fêtes d'un village. C'était très bizarre d'être en pleine nuit sur cette route, avec toutes ces voitures dans le noir, de voir le feu au loin et de sentir l'odeur de brûlé", poursuit la Bruxelloise qui s'estime néanmoins chanceuse. "On a eu de la chance car on a appris par hasard, sur un groupe WhatsApp que le village allait être évacué. On a donc eu le temps d'embarquer toutes nos affaires dans la voiture. D'autres gens sont partis sans leurs affaires. Il y avait une dame diabétique qui n'a pas eu le temps d'emporter tous ses médicaments", relate-t-elle.
Des pins secs et trop rapprochés
Mais Florence s'inquiète particulièrement pour "l'après". "C'est après l'incendie qu'on va pouvoir mesurer l'ampleur des dégâts. Nous, on est en vacances, on n'a pas perdu grand-chose mais d'autres personnes risquent de tout perdre. Et puis, on a bien vu que toute la végétation était déjà complètement desséchée, ce n'est pas étonnant que le paysage se transforme en brasier, avec toutes ces forêts de pins tout secs et collés les uns aux autres."
