Une petite fleur jaune aux atouts étonnants espère séduire la Wallonie
À en croire ses partisans, la silphie, une cousine du tournesol a tout pour elle. Sauf… des acheteurs.
- Publié le 04-09-2024 à 13h32

À première vue, la silphie, une petite fleur jaune de la famille du tournesol ne paye pas de mine. Mais à en croire ses partisans, cette plante originaire d'Amérique du Nord pourrait bien se positionner comme une culture de choix pour le futur de l'agriculture wallonne, dans un contexte où les sécheresses risquent de continuer à se multiplier et où la recherche en biométhanisation progresse.
Depuis 2021, l'Observatoire de la silphie – qui regroupe entre autres l'UCLouvain, Natagriwal et le Centre indépendant de promotion fourragère (CIPF) – mène des essais pour mieux comprendre l'intérêt de l'installation de cette nouvelle culture en Wallonie et son potentiel pour la région.
"La silphie est une culture aux fonctions agronomiques, énergétiques et environnementales prometteuses. Il s'agit d'une plante pérenne. C'est aussi une plante antiérosive grâce à son système racinaire très développé, profond et efficace pour capter l'azote dans le sol, protéger les ressources en eau et mieux résister à la sécheresse. C'est également une plante au cycle végétatif rapide qui permet de sécuriser la production de fourrage", énumère ainsi Valbiom, centre de référence de l'économie biosourcée.
Autrement dit, une fois installée, la plante reste en place pendant au moins vingt ans et ne nécessite pratiquement plus d'entretien ni de traitement phytosanitaire. De plus, ses racines s'enfoncent plus profondément dans le sol que celles du maïs, ce qui la rend plus résistante aux coups de chaleur.
Abreuvoir naturel pour les insectes et oiseaux
Mais la liste de ses propriétés ne s'arrête pas là. La silphie est aussi une plante mellifère qui produit des fleurs sur une longue période. Elle est donc particulièrement intéressante pour les insectes pollinisateurs. De plus, ses feuilles en forme de coupelles qui recueillent la rosée peuvent faire office d'abreuvoir pour les insectes et passereaux quand les précipitations viennent à manquer.
Olivier Poncin, CEO de Phitec, une entreprise spécialisée en biomasse espère voir la plante prospérer dans les campagnes wallonnes dans les prochaines années. Il croit en tout cas en ses nombreux atouts pour la nature et pour les agriculteurs.
"C'est une culture qui demande beaucoup de travail et d'efforts la première année parce qu'elle est difficile à planter. Mais une fois lancée, les agriculteurs ne doivent pratiquement plus rien faire pendant des années. C'est une plante d'avenir. Elle pourrait tout à fait remplacer le maïs grâce à sa résistance à la sécheresse. ", estime-t-il.
La silphie peut en effet être valorisée dans les unités de biométhanisation pour produire du biogaz. Ses rendements en biomasse seraient semblables à ceux du maïs mais le faible coût lié à son entretien en ferait une culture plus rentable.
Elle peut également être utilisée pour l'alimentation animale. Grâce à sa résistance à la sécheresse, elle est particulièrement intéressante pour la production de fourrage.
Quarantaine d'hectares en Wallonie
Selon Olivier Poncin, la silphie ne représente encore qu'une quarantaine d'hectares en Wallonie, dont trente plantées cette année." Mais dans les prochaines, ce chiffre va certainement augmenter quand le secteur de la biométhanisation aura compris l'intérêt de cette plante et qu'il y aura des prix garantis pour les agriculteurs qui optent pour cette culture.", prédit notre interlocuteur.
