Un centre d'écoute destiné aux parents confrontés à des situations difficiles avec leurs enfants en cette période de confinement (même si moins strict) a vu le jour. Un projet à visée préventive.

Au début du confinement, certains jeunes placés dans des structures de l’aide à la jeunesse sont retournés dans leur milieu familial. Un retour en famille amorcé avant la crise sanitaire et qui s'est poursuivi avec le confinement. « Les directives reçues demandaient aux services d’hébergement de fonctionner si possible avec moins de jeunes présents » , explique Emmanuelle Grosjean, directrice du Logis. Pour assurer que cela se passe au mieux, les familles ont bénéficié d’un suivi, de contacts téléphoniques réguliers.

« Pour les familles prises en charge, c’est déjà compliqué, alors qu’en est-il des autres ? » La question se pose légitimement, car on peut se douter que d’autres situations difficiles se vivant dans les familles passent sous le radar. « Il existe un tabou autour des difficultés vécues dans les familles. Cette invisibilité des problèmes est préoccupante » , soulève Emmanuelle Grosjean. En cette période de confinement, les services d’aide à la jeunesse ne sont en effet que très peu sollicités, les signalements se font rares. Pourtant, « il y a urgence, ces familles ont besoin des spécialistes de l’aide à l’enfance et à l’adolescence » .

Eviter le drame social

Car la crise sanitaire du Covid-19 engendre une crise sociale pour « une grande partie de la population, notamment pour certains parents qui risquent de se retrouver déstabilisés par ce contexte anxiogène » . Assurer le boulot à distance, la scolarité des enfants, gérer les tâches du quotidien sont autant de facteurs susceptibles de pousser les parents « à bout nerveusement » . D'autant plus que « vu le contexte et les perspectives qui nous attendent, le chemin sera encore long et les situations (déjà) difficiles en famille risquent de se compliquer de jour en jour… » , avance Emmanuelle Grosjean. « Certaines situations pourraient malheureusement se transformer en drame familial » , renchérit Thierry Verdeyen, directeur d’Amarrage.

Raison pour laquelle ils estiment « qu' il est essentiel d’agir le plus possible en amont, de manière préventive, pour éviter des catastrophes humaines, familiales et sociales ; éviter que les situations ne se dégradent, qu’elles nécessitent des moyens d’intervention plus lourds ; éviter enfin l’engorgement du dispositif d’aide sociale avec une recrudescence soudaine des signalements » une fois la crise sanitaire passée. Des signalements qui pourraient être favorisés par la réouverture des écoles qui, actuellement, ne peuvent plus jouer leur précieux rôle de « contrôle social ». Les difficultés se vivent donc confinées, en famille.

Une ligne d’écoute attentive

Douze associations actives dans la province du Brabant wallon (Archipel, la Chaloupe AMO, La Chataigneraie, Le Traversier, Le Logis, L’Hacienda, Les Petits Sapins de Waterloo, Le COO Van Durme, L’Amarrage, Plan J, ONE, Antenne 110) ont dès lors mis leurs ressources et leurs compétences en commun pour activer un numéro gratuit d’« écoute parentalité ». Une vingtaine de travailleurs de terrain tendent l’oreille à ces « parents ayant besoin de parler à quelqu’un afin de pouvoir relâcher la soupape. »

« Nous veillons à ce que les familles puissent exprimer leur ressenti en l’absence de jugement et dans l’anonymat » , souligne encore Emmanuelle Grosjean. Au besoin, les professionnels du secteur portent à leur connaissance des outils existants et les dirigent vers des services actifs au niveau local (AMO, centre de guidance…).

Si le projet est porté par des associations du Brabant wallon, tout parent peut faire part des problèmes auxquels il est confronté en appelant le 0800.59.050, du lundi au vendredi de 9h à 17h .