Linkebeek craint d'être défigurée par le RER : "On a un nouveau scénario, on doit se pencher dessus"
Le projet de RER est, depuis des années, retardé par le blocage des autorités locales de Linkebeek, qui craignent que leur commune soit défigurée par la mise à quatre voies. Une nouvelle proposition de compromis est sur la table… mais pas sans conséquence.

- Publié le 18-02-2025 à 12h13
- Mis à jour le 18-02-2025 à 12h14

"C'est en discussion permanente", nous dit-on à Linkebeek. Nœud gordien du RER, la commune à facilités incarne cette posture du "village d'irréductibles qui résiste encore et toujours" à la mise à quatre voies. Condition selon les autorités ferroviaires pour réaliser le RER, permettre aux trains rapides de dépasser les trains locaux et, dès lors, augmenter la fréquence entre le Brabant et Bruxelles. Selon le planning d'Infrabel, le tronçon linkebeekois ne serait opérationnel qu'en… 2033, "au plus tôt".
Car depuis le début du projet, le blocage linkebeekois a été une saga aux nombreux et chronophages rebondissements juridiques. En 2010, Linkebeek avait obtenu l'annulation du permis de mise à quatre voies. Quatorze ans plus tard, en janvier 2024, un nouveau recours était introduit.

Une bataille juridique qui, selon les autorités locales, est motivée par la géographie des lieux. Au niveau de la rue Kleindal, peu d'espace est disponible entre les voies et la colline où serpentent deux ruelles bordées d'habitations. Une mise à quatre voies impliquerait dès lors, craint la commune, une défiguration du lieu et une perte de biodiversité.
Nouvelle proposition sur la table
Pour la municipalité, qui ne se dit pas convaincue par la nécessité absolue de mettre tout le tronçon à quatre voies, les solutions alternatives n'ont pas été suffisamment étudiées.
Mais après des années de bras de fer entre Linkebeek et Infrabel, un canal de discussion a été rouvert, avec une piste de compromis. Il nous revient que la proposition sur la table prévoit de ne pas passer le tronçon de la rue Kleindal (le plus problématique aux yeux de la commune) à quatre voies, et de le maintenir à deux. En contrepartie, la fréquence à la gare de Linkebeek se verrait réduite. Voire, la gare disparaîtrait…
Le conseil communal ne s'est pas encore positionné et doit le faire dans les semaines à venir, nous dit-on. "On a un nouveau scénario, on doit se pencher dessus", commente l'échevin Cédric Letier (LB), qui a demandé davantage de précisions sur cette piste. "Notre idée n'est pas du tout de bloquer le RER. Mais on est attentif à ce que le dossier soit bien réalisé. On veut mettre de l'attention à l'intégration du projet dans le paysage."
"Notre idée n'est pas du tout de bloquer le RER."
"Une preuve de la bonne volonté"
Spécificité des communes à facilités comme Linkebeek : la désignation des échevins est automatique, proportionnellement à la composition du conseil communal. Le collège échevinal est dès lors composé de membre de "la majorité" et de "l'opposition". Du côté du groupe minoritaire, on ne cache pas soutenir cette nouvelle piste. "Cette alternative est une preuve de la bonne volonté d'Infrabel", pointe l'échevin Damien Thiéry (1630 LKB, ancien député MR). "Je pense que tout est encore négociable, mais pour cela, il faut rouvrir le dossier et il faut de vraies négociations."
Notons que si la commune accepte le compromis et retire ses procédures de recours, il n'est cependant pas garanti que les riverains fassent de même.
Du côté d'Infrabel, pas de commentaire sur les négociations linkebeekoises en cours. "Notre ambition reste, à terme, d'avoir le projet tel que conçu dans sa genèse, à savoir les quatre voies entre Moensberg et Nivelles. Pour aboutir, on a toujours maintenu un dialogue avec les parties prenantes et on examine une série de pistes."
Rappelons que la gare de Linkebeek est située dans un mouchoir de poche entre deux autres gares, celles de Moensberg et de Holleken. L'une à un kilomètre, l'autre à deux kilomètres.

