"Il y a un climat de peur": le goulet Louise et le Sablon se barricadent en vue du "samedi noir"
À Bruxelles, les boutiques haut de gamme craignent les pillages.

- Publié le 24-10-2026 à 11h33
- Mis à jour le 24-10-2026 à 11h46

"C'est triste." Touriste venue de Suisse, Stéphanie se dit interpellée en découvrant le goulet Louise barricadé ce samedi. Devant bien des devantures bruxelloises, de grandes plaques de bois ont été installées dans la crainte de pillages annoncés sur les réseaux sociaux pour ce samedi.
"On espère que ce sera moins pire qu'en France", raconte un agent de sécurité employé pour l'occasion. Chez les commerçants rencontrés, la crainte d'un nouveau "17 octobre" plane. "C'est horrible, aussi parce qu'on ne sait rien. Qu'est-ce qui va se passer ? On n'en sait rien", redoute la vendeuse.
Devant le magasin Lacoste, Alfredo taille des dernières planches de bois. "Avec la tempête hier, je n'ai pas pu le faire avant. Ce n'est pas normal ce qui se passe. La police doit faire quelque chose."

Un tel dispositif de protection tourne, nous dit-on, rapidement autour des 1.500 euros. Dans le goulet, d'autres commerces n'ont pas fait ce choix. "S'ils viennent piller, on fermera les volets et on priera." Dans cette luxueuse boutique de joaillerie du goulet Louise, les bijoux ont été retirés des vitrines ce samedi matin. "Je ne sais pas ce qu'on fait là pour le peu d'argent qu'on va gagner. Il y a un climat de peur."
Même précaution chez Munters & Bostanci. Toute la joaillerie a été retirée. "On est là, mais on n'est pas là. On garantit une présence au cas où un client viendrait", pointe Diran, qui craint les débordements. "Ils cassent pour casser." "Ils peuvent tout casser pour une paire de chaussettes", redoute un vendeur de chaussures italiennes, qui ferme sa porte entre chaque visite.
Dans le Sablon, de nombreux commerces affichent également portes closes ce samedi matin, volets tirés ou barricadés, avec une présence policière renforcée.