Les commerces bruxellois redoutent encore les pillages : "Personne ne sait vraiment ce qui peut encore arriver"
Pour certains commerces, la peur d'émeutes à venir incite à laisser les protections encore quelques jours.

- Publié le 26-10-2026 à 16h04
- Mis à jour le 26-10-2026 à 16h05

"J'étais dans le magasin samedi. Il ne s'est rien passé. Mais je n'étais pas rassurée. Malgré les barricades, s'ils veulent rentrer, ils rentreront", raconte une vendeuse de la rue Neuve. Son commerce, comme bien d'autres, arborait toujours ce lundi de grandes plaques de bois opaques.
Fin de semaine dernière, des images de pillages venues de France avaient fait craindre le pire. Des scènes qui – heureusement – ne se sont pas reproduites à Bruxelles ce samedi. Une manifestation a certes eu lieu sous tension avec des dégradations, mais les saccages de masse tant redoutés n'ont pas eu lieu dans les rues commerçantes du centre où on ne comptait plus volets fermés, barricades dressées et présentoirs de bijoux vidés par précaution.


"On n'a presque pas travaillé ce samedi"
Derrière les comptoirs, les soupirs de soulagement et d'exaspération se mêlent. "On n'a presque pas travaillé ce samedi. Les gens pensaient que c'était fermé", nous raconte Nagib, de City GSM. Ce lundi midi, le commerçant faisait enlever les barricades qui lui ont coûté un millier d'euros à l'installation. "On laisse la structure de maintien sur le côté. Comme ça s'il faut remettre, ce sera plus facile."

Même procédé chez Hoff, au goulet Louise. Les plaques sont rangées dans l'arrière-boutique, prêtes à être réemployées, "au cas où". "Les laisser une semaine, ça ne va pas. Notre vitrine est déjà si petite", pointe le vendeur, qui évoque une perte sèche pour les affaires. Idem au magasin de vêtements Bouvy : "On enlève cette semaine et on les remettra s'il le faut."
"Au moins jusqu'au week-end prochain"
Dans cette partie de l'avenue Louise comme rue Neuve, d'autres font au contraire le choix de garder les barricades encore un peu. Ne serait-ce que pour le week-end prochain, nous dit-on. "On ne va quand même pas enlever, puis remettre, puis enlever…", pointe un pharmacien. "On laisse au moins jusqu'à la fin du mois, même si ça réduit le chiffre d'affaires", raconte le vendeur d'un géant de la basket.
"Apparemment de nouvelles manifestations vont venir le week-end prochain", entend-on redouter chez Paris XL, où les panneaux resteront en place jusqu'à minimum la semaine prochaine. "Personne ne sait vraiment ce qui peut encore arriver. On ne sait pas à quelle sauce on sera mangé, si je peux le dire ainsi. On regardera les informations et on fera en fonction", soupire-t-on dans une enseigne de vêtement barricadée du goulet Louise. "Cela crée un climat d'insécurité. C'est déjà compliqué pour le commerce à la base : l'avenue Louise, ce n'est plus ce que c'était. Ces barricades, ça ne le fait pas pour l'image et les affaires. Ce sera en plus bientôt Noël, le moment où on commence à bien décorer les vitrines."
