"C'est un jour magique"

Brillante 4e, Kathleen Smet revient sur sa performance. Celle qui a terminé à un souffle du podium vise la victoire à l'Ironman de Hawaii en 2005. Tout savoir sur les Jeux Programme des Belges ce jeudi

DAVID LEHAIRE
"C'est un jour magique"
©EPA

Vous terminez 4e du triathlon olympique, quel est votre premier sentiment?

Je suis très contente. Mon premier objectif était de finir parmi les dix premières. Contrat rempli! Si on tient compte du fait que l'Autrichienne qui gagne est une Australienne naturalisée, je suis la première Européenne. Honnêtement, pareil classement équivaut à une médaille à mes yeux.

Souvent, on dit que la quatrième place est la plus mauvaise...

Je sais, mais je ne vois que du positif dans ma prestation. Peut-être que, demain (lisez aujourd'hui, NdlR) quand je me réveillerai, je pesterai d'avoir échoué si près du podium, mais je ne crois pas que cela sera le cas.

Que vous a-t-il manqué pour atteindre la troisième place?

Très peu de choses en fait. A un moment, lors du parcours à vélo, je reviens à neuf secondes du duo américain (les 3e et 4e). Je suis à quelques mètres d'elles et ne parviens pas à recoller. Si je réussis à me mettre dans leurs roues, je finis sans doute sur le podium. Je cours plus vite qu'elles.

Que s'est-il passé à ce moment?

Certaines athlètes me craignaient. C'était le cas de Williams et Lindquist. Elles me considéraient comme l'une des favorites. C'est pour cela qu'elles ne m'ont pas laissée revenir. Quand j'ai vu que je ne bouchais pas l'écart entre elles et moi, je me suis quelque peu préservée pour la course à pied.

A un moment donné, les écrans de télévision laissaient entendre que vous étiez troisième pendant la course à pied...

C'était une erreur. Je n'ai jamais été virtuellement sur le podium.

Etes-vous surprise par votre performance?

Je dois avouer que je ne m'attendais pas à être aussi bien. Ce matin, j'étais très nerveuse. Quand j'ai vu que je sortais de l'eau avec des bonnes nageuses, j'ai cru en mes chances. Malheureusement, j'ai dû faire presque la totalité de la course seule.

Pourquoi ne pas avoir attendu le groupe dont vous vous êtes extirpée après la natation?

Parce que je voyais que personne n'y accélérait le rythme. Si je restais cloîtrée dans ce groupe, j'aurais perdu toutes chances de faire quelque chose de valable.

Où situez-vous une quatrième place olympique par rapport à un sacre européen?

C'est difficile de comparer de tels résultats. Mon résultat olympique restera à jamais gravé en moi. Dans des petits sports comme le triathlon, on est beaucoup plus médiatisé lors des JO. J'ai eu plus de publicité aujourd'hui que lors de tous les championnats d'Europe ou du Monde. Seule sur mon vélo, j'ai pensé plusieurs fois au fait que l'on me voyait à la télé. Cela me donnait de la force de savoir qu'à Lommel, tout le monde était avec moi. Ils avaient placé un écran géant dans la ville et je sais que le bourgmestre et l'échevin des Sports assistaient à la retransmission télévisée.

Et maintenant, qu'allez-vous faire?

Je vais me préparer pour l'Ironman de Hawaii. Cette épreuve me tient à coeur. Je m'y suis essayée une fois mais j'avais dû abandonner. La fille qui a fini 4e à Sydney il y a 4 ans avait obtenu le même classement à Hawaii. Dès lors je suis persuadée que cet Ironman entre dans mes cordes.

De quoi sera fait votre avenir?

Après Hawaii, mon mari et moi ferons le point sur ma situation. Vous savez, j'ai 34 ans et j'ai envie d'avoir des enfants. Cela dit, si je me comporte bien à Hawaii en octobre, je pense y viser la gagne en 2005 avant de tirer l'échelle.

© Les Sports 2004

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...