L'odyssée d'Ottey

De Moscou en 1980 à Athènes cet été, Merlene Ottey a fait un beau voyage olympique, sans titre, mais avec un record de huit médailles et sept participations aux Jeux qui restera longtemps dans les annales de l'athlétisme.

(AFP)

De Moscou en 1980 à Athènes cet été, Merlene Ottey a fait un beau voyage olympique, sans titre, mais avec un record de huit médailles et sept participations aux Jeux qui restera longtemps dans les annales de l'athlétisme.

A 44 ans, sa silhouette reste une cible pour la gent masculine. Son sourire et ses regards sont encore un régal pour les photographes.

Mais sur la piste, Merlene la... Slovène n'a plus la vitesse des heures glorieuses de la gazelle jamaïcaine qu'elle fut dans les années 80-90 durant lesquelles elle a empoché huit médailles olympiques (3 argent, 5 bronze) et 14 mondiales dont deux d'or sur 200 m et une avec le relais 4x100 m.

Slovène depuis deux ans

Icône de la Jamaïque, elle a eu ses heures américaines en devenant Madame Nat Page, avant de se séparer de son coureur, et passer le plus clair de son temps en Europe: entre l'Italie de son ex-compagnon, le sprinteur italien Stefano Tilli, et la Principauté de Monaco où elle résidait, en passant par l'Espagne où elle défendait les couleurs du club Larios.

Le passage sous la houlette d'un entraîneur slovène lui a permis de découvrir ce pays. Au point d'en adopter la nationalité au jour de son 42e anniversaire. L'explication officielle de ce transfert: "Les montagnes, les plages, le soleil et la neige, c'est le plus beau pays du monde".

Mais elle avoue aussi s'être sentie trahie par son ancienne Fédération qui, à Sydney, la destinait à la maison de retraite avant de la rappeler sur 100 m.

Sa qualification pour Athènes était considérée par beaucoup comme le combat de trop. Seuls ses plus fervents supporters la croyaient quand elle parlait de surprise possible. La surprise n'est pas venue, mais en se qualifiant pour les demi-finales sur 100 et 200 m, elle a fait aussi bien que certaines favorites annoncées comme la Française Christine Arron, de 14 ans sa cadette.

Sa blessure en demi-finale du 200m ne semble pas de nature à stopper sa carrière car Ottey la têtue l'a déjà annoncé: elle sera encore aux Mondiaux 2005 à Helsinki, d'où elle avait rapporté deux médailles vingt ans plus tôt. "Le sport est ma passion et je ne pourrai jamais m'arrêter de courir".

© Les Sports 2004

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