Jansen: la désillusion

Les mains posées sur la tête, il a le regard absent. Quatrième de sa série en 1:46.66, Joeri Jansen a compris. Les Jeux sont terminés pour lui. Avant d'avoir vraiment commencé... Car notre meilleur spécialiste du 800m était arrivé, ici, avec l'ambition de disputer la finale, un stade qu'il n'a jamais atteint, au niveau mondial, dans sa jeune carrière.

G.B.

Les mains posées sur la tête, il a le regard absent. Quatrième de sa série en 1:46.66, Joeri Jansen a compris. Les Jeux sont terminés pour lui. Avant d'avoir vraiment commencé... Car notre meilleur spécialiste du 800m était arrivé, ici, avec l'ambition de disputer la finale, un stade qu'il n'a jamais atteint, au niveau mondial, dans sa jeune carrière.

Alors, il est sorti de ce stade olympique, tentant de s'expliquer comment il en était arrivé là. "J'ai commis deux erreurs qui m'ont été fatales! explique-t-il. D'abord, au départ. Placé au couloir 8, à l'aveugle, je suis parti trop lentement. Ensuite, dans le dernier virage, j'ai dépensé bien trop d'énergie pour pouvoir me dégager. Deux erreurs de débutant! Mais le résultat est là: je suis éliminé..."

Fidèle à sa stratégie de course, Joeri a longtemps couru à l'intérieur. Pas assez longtemps peut-être... Car en voulant absolument se dégager du peloton emmené par le Haïtien Moise Joseph, notre compatriote s'est écarté de la trajectoire plus que de raison. "J'aurais sans doute dû encore attendre. Peut-être aurais-je trouvé l'ouverture. Mais, dans ces moments-là, on n'a pas vraiment le temps de réfléchir. Et j'ai malheureusement payé, dans les cinquante derniers mètres, les efforts fournis dans cette deuxième moitié du virage."

Et dire que Joeri avait annoncé, mardi, avoir travaillé son sprint final! "Mais c'est vrai! C'était sans compter sur le fait que je me retrouve ainsi coincé et obligé de m'écarter de la trajectoire idéale."

Visiblement marqué par l'effort qu'il venait de fournir, mais aussi par le stress, Joeri est sorti malade de sa course... "Il s'agit de la plus terrible désillusion de ma carrière. Ces Jeux d'Athènes, j'en rêvais depuis quatre ans. Je m'y étais minutieusement préparé, passant des mois en stage. Tout ça pour ça! Croyez-moi, je n'en dormirai pas pendant de très nombreuses nuits..."

Et il se posera, bien entendu, la question de savoir s'il n'est pas temps pour lui de "monter" sur 1500m. Sans avoir battu le record de Belgique d'Ivo Van Damme... "Ecoutez, je suis loin, aujourd'hui, de penser au record de Van Damme. J'ai mal couru, mais je dois m'entretenir avec mon coach, Luc Wouters, pour envisager l'avenir. On verra..."

© Les Sports 2004

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