Un salaire horaire de 1 000 € dans une filiale de la Sogepa?
Alors que le bras financier de la Région wallonne annonce un audit, un salaire payé en 2009 pose question.
- Publié le 18-03-2015 à 19h53
- Mis à jour le 19-03-2015 à 15h52
L'affaire Kubla-Duferco aura eu comme conséquence de forcer la Sogepa (Société wallonne de gestion et de participation), le bras financier de la Région wallonne, à procéder à une sérieuse analyse des comptes 2003 et 2004 - les années durant lesquelles Serge Kubla (MR) était ministre wallon de l'Economie - de sa filiale FSIH. Pour ce faire, un cabinet de réviseur d'entreprises a été mandaté. La FSIH est chargée d'investissements à l'étranger dans le domaine de la sidérurgie. Il s'agit de vérifier en profondeur (un premier examen a déjà eu lieu) si cette dernière a versé des commissions occultes, pour 4 millions d'euros, à plusieurs bénéficiaires sur des comptes bancaires en Suisse à la fin septembre 2003. C'est le quotidien "L'Echo" qui révélait cette information en début de semaine.
Pour le PTB, dans l'opposition en Wallonie, cette soudaine prise de conscience est plus qu'amusante. "Nous demandons la transparence des comptes de la FSIH depuis sa création jusqu'à maintenant. Nous dénonçons le jeu de dupes de la Sogepa et du gouvernement wallon", explique Damien Robert, spécialiste des dossiers sidérurgiques pour le PTB.
Et notre interlocuteur de pointer une question intéressante pour ce qui concerne les comptes 2009 de la Sogepa. "Des montages financiers étranges ne semblent de toute évidence pas seulement concerner les années 2003 - 2004. Ainsi, en 2009, selon ses comptes publiés à la Banque nationale, la FSIH a accordé 1 108 272 € à un travailleur anonyme de la FSIH qui aurait travaillé cette année-là quelque 1 110 heures facturées chacune d'elles à 1 000 € de l'heure… Qui a perçu cette somme ? Et pour quelle raison ?", demande-t-il.
Le même conseil d'administration
Il est vrai qu'avec un salaire horaire digne de celui pratiqué par Armand De Decker, lorsqu'il coiffe sa casquette d'avocat, on peut légitimement s'interroger sur la justification d'un tel montant. Il s'agirait manifestement d'un montant qu'il faut décliner comme suit : la personne concernée par ce paiement aurait pris sa pension et se serait vue payée en 2009, six mois de salaire, un préavis et une clause de confidentialité. Un montant duquel il est nécessaire de retirer le paiement de l'ONSS, les cotisations et les impôts.
Damien Robert donne comme arguments principaux de l'attitude actuelle de la Sogepa que "la FSIH est capitalisée à 100 % par la Sogepa et les directeurs de la FSIH et de la Sogepa sont… les mêmes. En 2009, la FSIH était dirigée par Libert Froidmont (étiqueté PS). Buelen (CDH), Gutt (MR) et Bayenet (PS) en étaient les vice-présidents. En 2009, la Sogepa était dirigée par Libert Froidmont (PS). Buelen (CDH), Gutt (MR) et Bayenet (PS) en étaient les vice-présidents. Exactement les mêmes donc. Et aujourd'hui d'ailleurs, presque rien n'a changé. En 2014, la FSIH était dirigée par Renaud Witmeur (PS). Les vice-présidents sont Buelen (CDH), Bayenet (PS), Froidmont (PS) et Gutt (MR). Et pour la Sogepa, Buelen et Bayenet sont vice-présidents. Froidmont est toujours administrateur…".
