Que contient le copieux volet santé de l'Arizona ? Rôle des pharmaciens renforcé, "génération sans tabac", fin de la "propagande des mutuelles"...
Le chapitre "Santé" de la déclaration gouvernementale est copieux. L'accent est mis sur la rationalisation et la prévention du système de soins.

- Publié le 01-02-2025 à 15h03
- Mis à jour le 01-02-2025 à 17h12

Le chapitre de la note du formateur consacré à la Santé fait plus de 20 pages alors qu'il n'intègre même pas le volumineux volet lié à la réintégration sur le marché du travail des malades de longue durée. Difficile de ne pas y voir la griffe de l'actuel ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit) qui se verrait bien reparti pour un tour.
De nombreuses mesures sont proposées tant en faveur du personnel de soins dont la pénurie doit être combattue que pour les établissements de santé et les patients. Le principe d'une norme de croissance des dépenses de santé est maintenu – c'était une demande expresse des Engagés, du CD&V et de Vooruit. Mais le texte du formateur ne précise pas à quel pourcentage cette norme doit être établie. Dans un tableau budgétaire qui a circulé lors de la négociation, il était indiqué que cette norme de croissance des dépenses de soins serait maintenue à 2,5 en 2025, ramenée à 2 % en 2026 et 2027 avant d'être ramenée à 2,5 % en 2028 et relevée à 3 % en 2029.
Des quotas "Inami" revus à la hausse ?
Le nouveau gouvernement veillera en tout cas à rationaliser le fonctionnement du système de soins et à éviter la moindre dépense inutile ou redondante. Une refonte de nomenclature sera opérée. L'objectif, c'est de clairement séparer, pour chaque prestation médicale à l'hôpital, l'honoraire "pur" du médecin des frais nets que sa prestation a engendré à charge de l'établissement (utilisation de matériel médical, soins infirmiers, etc.). Les honoraires pour certains médecins spécialistes confrontés à la pénurie pourraient être revalorisés tandis que d'autres seront un peu rabotés. À propos de contingent médical, les quotas Inami qui limitent le nombre de médecins diplômés sortant des universités belges pourraient être revus à la hausse. L'Arizona semble convenir de l'absurdité qu'il y a de voir des médecins étrangers remplir le cadre du personnel des hôpitaux alors que de nombreux étudiants belges sont empêchés d'étudier la médecin à cause du numerus clausus.
Un long volet de l'accord est consacré à la lutte contre les addictions. Le gouvernement promet ainsi de faire une étude sur les effets de l'utilisation excessive des écrans et des réseaux sociaux et de prévoir une politique pour les limiter. Il s'engage par ailleurs expressément à ne prendre aucune initiative pour légaliser la consommation de drogues. Il formule le rêve d'une "génération sans tabac" pour 2040. À cet effet, il sera bientôt interdit de fumer sur les terrasses de café et de restaurant et le nombre d'arômes proposés au vapotage sera réduit.
Les mutuelles ne pourront pas faire de propagande
Pour améliorer et faciliter l'accès aux soins, diverses mesures seront par ailleurs prises. Le gouvernement confirme ainsi l'autorisation donnée aux pharmaciens de vacciner les patients contre la grippe. Il pourrait même l'étendre à d'autres vaccins – ce qui ne fera pas plaisir aux médecins. Il va aussi permettre aux personnes qui souffrent de troubles légers d'aller en consultation chez un kiné sans la prescription d'un médecin. Enfin, il veut augmenter le nombre d'unités spécialisées pour l'hospitalisation et le traitement des patients atteints de maladie hautement contagieuse – il s'agit là de mieux préparer les hôpitaux en cas de nouvelle pandémie.
On notera encore, parmi toutes les autres mesures proposées, que les mutuelles devront "s'abstenir de toute propagande dans leurs supports de communication".
