Bernard Quintin, l'intérimaire qui a convaincu le MR: "C'est un 4X4 : tu peux l'envoyer partout, il fait le travail"
Bernard Quintin (54 ans), diplomate de carrière, a été désigné au prestigieux poste de ministre de l'Intérieur. Ce choix d'un profil expérimenté et peu médiatique s'inscrit dans la logique inverse des coups de com' souvent réalisés par Georges-Louis Bouchez.

- Publié le 03-02-2025 à 21h39
- Mis à jour le 03-02-2025 à 21h40

Hadja Lahbib, Mathieu Michel, Adrien Dolimont, et désormais Éléonore Simonet… Georges-Louis Bouchez n'adore rien tant que de sortir des lapins de son chapeau, organisant des coups de com' retentissants lors de presque chaque désignation de nouveaux ministres.
Mais, le président du MR n'étant jamais là où on l'attend ; il prend également un malin plaisir à couper l'herbe sous le pied de ses contradicteurs, en désignant à des postes importants des profils plus techniques, expérimentés, et moins clinquants. C'est dans cet esprit qu'il avait sorti Françoise Bertieaux de sa retraite, en 2023, pour lui confier le portefeuille de l'Enseignement supérieur. La désignation de Bernard Quintin à la tête du prestigieux ministère des Affaires étrangères en novembre s'inscrivait dans cette logique.
Lot de consolation
Ce Bruxellois de 54 ans, diplômé d'histoire à l'ULB, puis en relations internationales, a connu une riche carrière de diplomate, passant par le Congo, par le consulat général du Brésil à Rio de Janeiro, puis par le Burundi.
Militant MR au sein de la section de Ganshoren depuis plusieurs années, il est également passé par plusieurs cabinets, exerçant chez Olivier Chastel et chez Philippe Goffin.
Cette première désignation comme intérimaire aux Affaires étrangères, dans un gouvernement en affaires courantes, était une sorte de lot de consolation. Frédéric Bernard, ancien chef de cabinet de Charles Michel, avait en effet été choisi comme ambassadeur de Belgique aux États-Unis, alors que le poste semblait promis à Bernard Quintin.
"Cultivé, consensuel, et doté de beaucoup d'humour"
Par son sens politique mais aussi par sa prestance lors des tournées de vœux, le Bruxellois a convaincu le sommet du MR de lui confier le portefeuille très convoité de l'Intérieur alors que personne ne l'avait réellement anticipé. "Bernard Quintin est quelqu'un de cultivé, social, consensuel, il a beaucoup d'humour. C'est un vrai diplomate, mais c'est aussi un 4X4 : tu peux l'envoyer partout, il fait le travail", note un libéral.
Le refus de David Leisterh
Bernard Quintin n'était toutefois pas le seul candidat. Georges-Louis Bouchez a longtemps hésité à prendre le poste pour lui-même. Selon nos informations, le poste a même été proposé à David Leisterh, qui n'a pas souhaité lâcher sa (pénible) mission de formation d'un gouvernement bruxellois.
Quintin et les zones de police bruxelloises
Avec Bernard Quintin, c'est un profil plus rond que celui du président du MR qui a été choisi. Cela risque d'être utile pour mettre en œuvre la fusion des zones de police bruxelloises, dont aucun bourgmestre ne veut…
