L'étau se resserre autour du caïd du trafic de drogue au Peterbos à Anderlecht
De sa prison, Imad B. continuait à gérer ses contacts au Panama et à lutter pour de nouveaux territoires.

- Publié le 20-01-2026 à 18h23

Le Peterbos, un quartier de logements sociaux d'Anderlecht, est un des hauts lieux du trafic de stupéfiants de la capitale. Il était, à ce titre, une priorité du parquet de Bruxelles qui, mardi, annonce qu'un des chefs présumés de l'organisation criminelle – "un homme de 30 ans" a pu être identifié à l'issue d'un long travail d'enquête.
De bonne source, on indique qu'il s'agit d'Imad B. alias "Affou" ou "Mara", issu de son surnom "Imad Marrakech".
"Des mois d'enquête intensive ont permis d'établir que cette organisation criminelle pourrait être également liée à des enlèvements, des actes de violences et des tentatives d'assassinat qui ont eu lieu à Bruxelles en 2023 et 2024", indique le parquet de Bruxelles. Ces violences sont en lien avec des nombreuses fusillades, vraisemblablement liées à des luttes de territoire pour le trafic de stupéfiants.
Des liens au Panama
L'enquête a également révélé qu'Imad B. aurait des associés au Panama, pays de transit pour le trafic de cocaïne produite en Colombie. Une commission rogatoire menée au Panama en mars 2025 a permis d'identifier trois associés présumés d'Imad B. Ce devoir d'enquête a mené à de nouvelles perquisitions à Bruxelles en novembre. Six personnes ont été interpellées. Quatre d'entre elles ont été placées sous mandat d'arrêt. En parallèle, poursuit le parquet, un associé âgé de 35 ans, visé par trois mandats d'arrêt internationaux, a été arrêté au Panama en décembre.
Imad B. gérait l'organisation criminelle au départ de sa cellule de prison grâce à un smartphone qu'il avait réussi à se procurer.
Imad B. a importé les méthodes marseillaises à Bruxelles. L'enquête avait étabili qu'il s'était allié avec un important s'était allié avec un imortant narcotrafiquant marseillais, Mohamed Djeha qu'il avait connu car il fréquentait une de ses nièces.
Imad B. a un lourd passé. Le 1er décembre 2022, il a été condamné à huit ans de prison, 80 000 euros d'amende et à la confiscation de 200 000 euros en tant que dirigeant de l'organisation criminelle qui était déjà active dans le trafic de cocaïne et de cannabis dans la cité du Peterbos à Anderlecht. Il n'a plus quitté la prison depuis lors. Une trentaine de personnes avaient alors été condamnées. Imad B. était le seul dirigeant.
De Marseille au Peterbos
Imad B. a importé les méthodes marseillaises à Bruxelles. L'enquête avait établi qu'il s'était allié avec un important narcotrafiquant marseillais, Mohamed Djeha qu'il avait connu car il fréquentait une de ses nièces. Mohamed Djeha était à la tête des six points de deal de la cité marseillaise de la Castellane, considérés comme parmi les plus rentables d'Europe. En fuite en Algérie, Mohamed Djeha a été arrêté à Oran en juin 2023.
Trois Marseillais avaient été dépêchés à Anderlecht. Imad B. avait alors réussi à prendre le contrôle total du trafic de stupéfiants dans la cité du Peterbos. Ils en avaient chassé en novembre 2021 une bande active au départ de la place Lemmens.
Sur la base des observations et des transactions, les enquêteurs avaient estimé le chiffre d'affaires quotidien à 29 500 euros. Et en s'appuyant sur quelques pièces comptables, ils avaient évalué le produit des ventes de cocaïne entre le juin 2020 et avril 2022 à un peu plus de 11,1 millions d'euros.
Le 25 mai dernier, Imad B. a déjà été placé sous mandat d'arrêt pour assassinat en tant commanditaire. Il serait derrière un assassinat commis rue Wayez à Anderlecht le 14 septembre 2023 vers 01 h 00. Un homme de 31 ans avait alors été criblé de 17 balles tirées à la Kalachnikov. Les auteurs, qui agissaient dans le cadre d'une lutte de territoires, s'étaient trompé de cible.