Procès Falzone : Me Mayence demande de retenir la préméditation sur le meurtre du gille

Le témoin soutient qu'il se trouvait dans la voiture de Paolo Falzone, lequel a roulé à plus de 200 km/h entre Strépy et Namur.

Cedric Ketelair

Un témoin a croisé la BMW à hauteur de la cité de la Clé des champs. Il a vu le gille au sol. "Je pensais au départ que c'était quelqu'un d'alcoolisé. J'ai appelé les secours ", sans avoir connaissance des victimes en bas de la rue.

Paolo Falzone prétend qu'il ne connaît pas le témoin, lequel qu'il est monté un jour dans l'auto de Falzone, lequel roulait à plus de 200 Km/h, se vantant de connaître tous les radars du coin. Toutefois, il confirme s'être rendu à Namur pour une réunion avec une connaissance.

Le témoin déclare qu'ils étaient trois dans la voiture, qu'il y avait une seule voiture et pas deux. "Paolo, je ne fais que répéter ce que tu m'as dit. Je maintiens ma version", indique le témoin, qui qualifie Paolo Falzone de "jouette"

Paolo s'énerve : "Il dit que j'étais voiturier à Bruxelles alors que c'était à Mons".

Me D'Agristina remarque que Paolo Falzone a des souvenirs très précis de ces faits qui datent de… 2016. "Quand il veut, ses souvenirs sont précis", dit-elle.

Dans la foulée, Me Mayence a demandé deux choses : L'étendue de la partie civile à la partie intervenante volontaire. Il demande qu'il demandera que soit posée la question relative à la préméditation pour le gille d'Andrea. Il considère que le temps qui s'est écoulé a permis un temps de réflexion dans le chef du conducteur, lequel a fait le choix d'accélérer.

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L'autre frère D'Andrea

La cour a entendu le témoignage de Nicolas D'Andrea, frère de Fred D'Andrea, le gille mortellement fauché puis écrasé par une BMW. Ce 20 mars 2022 au matin, Nicolas ne participait pas au carnaval : il avait choisi de rester auprès de sa fille afin d'être présent à son réveil, comme il le lui avait promis. Ils devaient, tous les deux, se rendre au carnaval à 9h pour voir tonton Fred. Il dormait lorsque le drame s'est produit et son téléphone était en mode silencieux. Grégory a tenté de le joindre à plusieurs reprises. Il a finalement eu sa compagne.

"Quand je l'entends, je comprends qu'il s'est passé quelque chose d'horrible", raconte-t-il. Il prend immédiatement la route et effectue un détour. Sans le savoir, il passe à proximité de la BMW "explosée" dans la rue Aubry. Un policier lui indique ensuite que les faits se sont déroulés rue des Canadiens.

Son arrivée sur les lieux

À son arrivée, il découvre des personnes dans un état "émotionnellement très compliqué". Il aperçoit ses proches ainsi que les policiers qui installent un périmètre de sécurité. "Greg me fait un signe de tête et je comprends que Fred n'est plus là. Je me mets en mode robot. Je m'inquiète pour mes proches. J'avais besoin de savoir où chacun se trouvait." Nicolas souligne également le professionnalisme des secouristes et des responsables politiques de la Ville de La Louvière.

"Les ultras de la RAAL sont arrivés très tôt. " La veille encore, Fred travaillait comme steward au stade du Tivoli. Très apprécié des supporters les plus fervents des Loups, il laisse derrière lui un vide immense. "Paolo Falzone n'a pas seulement brisé des adultes, mais aussi des enfants. J'ai dû annoncer à ma fille de quatre ans que nous n'irions pas voir tonton Fred faire le gille. Elle m'a demandé d'acheter un télescope pour observer les étoiles dans le ciel."

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Il se souvient aussi de la réaction de son père lorsque Grégory a annoncé la terrible nouvelle à ses parents.

Au funérarium, Nicolas dit ne plus reconnaître ce frère qui lui avait tant apporté. "Je vois cette trace de pneu sur le haut du crâne, du sang qui coule de ses oreilles." Aux larmes succèdent alors la colère et l'incompréhension. Nicolas précise qu'il ne souhaite poser aucune question à Paolo Falzone.

Des photos et une vidéo

Pour accompagner son témoignage, il a présenté plusieurs photos de son frère afin de rappeler qui était Fred D'Andrea : un frère attentionné, un père aimant, un steward exemplaire à la RAAL et une figure paternelle pour son plus jeune frère, qu'il aimait taquiner sur les terrains de football. Il a également demandé la diffusion d'une vidéo.

"Pendant treize secondes, mon frère a vu Monsieur Falzone. Il s'est débattu… Mes parents vivent avec ça. Ils habitent à cent mètres des parents de Falzone, qu'ils croisent tous les jours."

La vidéo, filmée la nuit des faits lors du premier départ des Gilles, montre une scène éclairée presque comme en plein jour devant le numéro 84 de la rue des Canadiens, à près de 200 mètres du point d'impact selon l'expert judiciaire.

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