GSM au volant: la coalition "Arizona" veut recourir aux caméras intelligentes pour traquer les conducteurs fautifs
Le recours à des caméras de haute technologie pour traquer les automobilistes en tort figure au menu des négociations des partenaires de la future majorité fédérale que devrait diriger Bart De Wever. Le gouvernement De Croo avait tenté ce projet mais avait dû l'abandonner l'année dernière.

- Publié le 05-09-2024 à 08h28
Les partenaires de la coalition "Arizona" (N-VA, MR, Vooruit, CD&V et Les Engagés) ont pu reprendre leurs discussions après que Bart De Wever a renoué avec sa mission royale de formateur. Ils vont notamment tenter d'aplanir leurs différends sur la réforme fiscale contenue dans la "super note" du président de la N-VA. Mais ils ne s'arrêteront pas à ce seul dossier : tous les grands thèmes vont être réexaminés. La sécurité routière, entre autres. La future majorité fédérale veut marquer les esprits et prendre des mesures fortes afin de ramener à zéro le nombre de morts sur les routes d'ici à 2050.
On avait appris fin juillet que l'introduction du permis à points – un vieux dossier qui ressurgit régulièrement – avait été proposée par Bart De Wever. Toutefois, ni le MR ni Les Engagés ne semblaient très heureux de cette perspective et se réservaient le droit de retoquer le projet. Mais un autre point intéressant figurait dans la note du formateur fédéral : le recours aux caméras dites intelligentes pour traquer les conducteurs qui roulent tout en téléphonant ou en consultant leur GSM.
Dans ce document, il est en effet indiqué que "le gouvernement fédéral s'engage à utiliser le réseau de caméras ANPR de manière proportionnelle et efficace, avec une protection maximale de la vie privée. Ces caméras doivent par exemple pouvoir être utilisées pour signaler à la police les pirates de la route et les criminels de la route mais également pour constater l'usage du GSM au volant".
Pour rappel, un réseau de caméras ANPR (Automatic Number Plate Recognition) garnit déjà les routes et autoroutes belges. Ces appareils de haute technologie permettent de scanner, par exemple, les plaques d'immatriculation afin de vérifier si l'accès à une zone de basses émissions est bien autorisé ou si le véhicule est en ordre en matière de contrôle technique.
Et la vie privée ?
Cette proposition n'est toutefois pas neuve. Sous la Vivaldi, le sujet avait été envisagé en 2021 mais bloqué deux ans après faute d'accord politique sur la question du respect de la vie privée. L'Open VLD – le parti du Premier ministre Alexander De Croo – n'était pas favorable à un tel dispositif. Les libéraux flamands considéraient que les photos très nettes constituent une atteinte trop importante à la vie privée des conducteurs. Il semble que le COC (Organe de contrôle de l'information policière) y était également défavorable, confie une source fédérale. Les projets-pilotes envisagés par le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Écolo) – désormais en affaires courantes – avaient alors été abandonnés.
Facteur important de mortalité
Selon une enquête évoquée en 2023 par Vias, l'institut pour la sécurité routière, un conducteur belge sur dix téléphone tous les mois avec son téléphone portable en main, ce qui double le risque d'accident par rapport à un automobiliste vigilant. Parmi les moins de 34 ans, 23 % passent chaque mois au moins un appel téléphonique en ayant leur GSM en main. En termes de sécurité routière, c'est l'un des principaux facteurs de mortalité.
Les caméras intelligentes pourront-elles à l'avenir traquer ce genre de comportements ? La majorité "Arizona" réussira-t-elle là où la Vivaldi a échoué ?
