La mission de Bart De Wever est prolongée : cette fois, vraiment, ça passe ou ça casse…
Le formateur fédéral terminera sa mission le 31 janvier, quoi qu'il arrive. À ce moment, on saura si une majorité "Arizona" est possible ou s'il faut activer le plan B.

- Publié le 07-01-2025 à 17h57
- Mis à jour le 08-01-2025 à 10h25
Comme pressenti, la mission du formateur fédéral a été prolongée jusqu'à la fin janvier. Jusqu'au 31, pour être exact. Le communiqué de presse du Palais, transmis mardi, ne précisait pas si la "percée significative" qui était attendue par la Roi a eu lieu dans les dernières négociations. "On a avancé sur des sujets", précise toutefois une source.
Une crise politique en vue ?
La nouvelle limite temporelle fixée au travail de Bart De Wever est, en tout cas, la dernière. Le président de la N-VA l'a dit : au-delà de fin janvier, s'il n'y a toujours pas d'accord, il renoncera à tenter de mettre en place la majorité "Arizona" devant associer sa formation au MR, au CD&V, aux Engagés et à Vooruit. En termes d'image personnelle, le fait de piétiner de la sorte politiquement, de réunion en réunion, d'audience en audience, devient intenable pour le nationaliste. Autrement dit, à la fin de ce mois, la Belgique pourrait entrer officiellement en crise politique.
Mais où en est-on, au juste ? Les cinq partis autour de la table travaillent d'arrache-pied depuis plusieurs semaines et passent en revue les amendements apportés par les uns et les autres à la note de base de Bart De Wever – la fameuse "super-note" socio-économique et budgétaire. Il reste du boulot. Un peu avant Noël, le formateur avait demandé à ses partenaires de remettre leurs dernières remarques à l'égard de la énième version de ce document qui constituera le cœur du futur accord de majorité.
Les demandes de modifications avaient alors plu sur le nationaliste flamand et ses sherpas… Tout le monde avait des demandes, mais le record du nombre d'amendements avait été atteint par Vooruit : les socialistes flamands ont proposé plusieurs centaines d'ajouts ou de retraits, frappant de stupeur certains négociateurs.
Moins d'amendements
Mais, depuis lors, les réunions ont porté partiellement leur fruit, le nombre d'amendements s'est réduit. Soit, ils ont été jetés aux oubliettes de l'histoire politique belge, soit ils ont été intégrés dans la note après avoir fait l'objet d'un compromis entre "arizoniens". Il semble que les socialistes flamands n'aient plus "que" 150 demandes de modifications en suspens. Entre autres, Conner Rousseau, président de Vooruit, ne réclame plus la révision des grands équilibres budgétaires afin d'accorder plus de poids à la contribution fiscale des "épaules les plus larges".
Le nœud du problème reste cependant localisé sur le volet fiscal. Les socialistes flamands, seule formation de gauche au sein de la putative Arizona, ont besoin d'une victoire politique à offrir à leur base militante. Ce trophée passera par le durcissement de la taxation des plus-values boursières. Mais qui sera touché et selon quelle modalité ? C'est toute la question. Face à Vooruit, le MR reste hostile à l'augmentation de la pression fiscale. Le vice-Premier ministre MR David Clarinval l'a d'ailleurs rappelé dans La Libre ce week-end.
Le retour du plan B ?
Et si les "arizoniens" n'y arrivaient pas, quel serait le plan B ? Il existe. Il a même déjà été évoqué, mais reste politiquement précaire. Il s'agit de la coalition Lagon, dans laquelle les socialistes flamands seraient remplacés par les libéraux flamands de l'Open VLD. Mais cette coalition, baptisée "Lagon" en raison des couleurs chaudes et tropicales des partis qui la composeraient, ne disposerait que de 76 sièges sur 150 à la Chambre. La majorité ne tiendrait qu'à un siège et serait politiquement précaire : chaque député de la majorité Lagon aurait un droit de vie et de mort sur la majorité… Quasiment intenable.
