Éconduite dans sa ville de Gand, Anneleen Van Bossuyt devrait rapidement acquérir une renommée nationale
Cette juriste de 45 ans a travaillé dans l'ombre et dans la fidélité à la N-VA, avant de devenir ministre de l'Asile et la Migration.

- Publié le 03-02-2025 à 21h36

Comme quoi il est parfois bénéfique d'être dans le camp des vaincus. En octobre, dans sa ville de Gand, Anneleen Van Bossuyt obtient un (très) joli score aux élections communales. Avec 10 683 voix de préférence, elle se classe deuxième et voit s'ouvrir devant elle les portes d'un échevinat. Son parti, la N-VA, scelle en effet un accord de majorité avec le cartel Voor Gent, composé de l'Open VLD et de Vooruit. Mais c'est sans compter des manifestations citoyennes menées par les troupes socialistes et écologistes au pied de l'hôtel de Ville. Celles-ci refusent devoir un de leurs partis – Vooruit – participer à une telle coalition. Le cartel Voor Gent cédera aux tambours et slogans, et se tournera vers Groen, rejetant la N-VA dans l'opposition. Le coup est dur pour Anneleen Van Bossuyt, mais elle obtient auprès des siens un nouveau statut : celui d'une combattante victime des forces de gauche. Devant 5 000 personnes lors des vœux du parti début janvier, Bart De Wever, sûr de son droit, a d'ailleurs rendu un hommage appuyé à l'élue gantoise. "Chère Anneleen, je ne sais pas si j'aurais pu faire ce que tu as fait : affronter l'intolérance avec dignité et la tête haute. Quelle classe !"
Très connue en Flandre-Orientale, quasi inconnue en Belgique francophone, Anneleen Van Bossuyt n'est pas une novice en politique. Juriste de l'Université de Gand, elle rejoint le bureau d'études de la N-VA en 2010. D'emblée, elle s'impose au parti, participe à la définition de sa ligne et aux négociations fédérales d'alors. En 2014, elle se lance à l'échelon européen, et décroche un poste de députée. De Bruxelles à Strasbourg, elle se concentrera sur la protection des consommateurs, le marché intérieur, et les politiques en matière d'innovation, de recherche et d'énergie. En 2017, elle préside la commission Marché intérieur et Protection des consommateurs du Parlement européen. Ce travail, elle le poursuivra dès 2019, mais au Parlement fédéral, où elle obtint quelques plumes à son chapeau, dont une proposition élargissant le droit à l'oubli. Grâce à elle par exemple, les personnes ayant souffert d'un cancer ne doivent plus mentionner leur maladie passée pour contracter une assurance annulation pour des voyages. Le combat contre les fausses promotions, aussi bien que le soutien à l'accord de libre-échange Mercosur (qui plaît au patronat flamand), font partie des dossiers qu'elle "bûchera" durant cinq ans.
Vers une renommée nationale
Cette année, Anneleen Van Bossuyt intègre une nouvelle fois la petite équipe des négociateurs nationalistes qui confectionne l'Arizona et soutient Bart De Wever à bout de bras. Sa nomination en tant que ministre de l'Asile et de la Migration, et de l'Intégration sociale, chargée de la Politique des Grandes villes n'est donc pas une grande surprise en interne.
Bart De Wever, qui a assisté à l'ascension de son disciple Theo Francken, lorsqu'il occupa il y a 10 ans les mêmes responsabilités, offre donc à cette mère de famille âgée de 45 ans de quoi acquérir une renommée nationale. D'autant que jamais un gouvernement belge n'aura proposé une politique migratoire aussi stricte et que la jeune ministre, au caractère frondeur et combatif, épouse pleinement les objectifs de l'Arizona.
