L'Arizona réalisera la plupart des économies dans la sécurité sociale : l'enveloppe bien-être va particulièrement trinquer
En tout, plus de 5 milliards seront épongés dans la sécurité sociale sur l'emploi et les pensions en rythme de croisière. L'économie en 2029 grimpera à 2,8 milliards dans l'enveloppe bien-être. La taxation des plus-values rapportera au mieux 500 millions en fin de législature.

- Publié le 04-02-2025 à 20h18
- Mis à jour le 05-02-2025 à 12h03

À la Chambre ce mardi, peu avant que le Premier Bart De Wever (N-VA) ne prononce son discours de politique générale, l'opposition n'a pas manqué de faire remarquer que si elle avait bien reçu, mardi matin, l'accord gouvernemental, ce n'était pas le cas des tableaux budgétaires. Un grand classique. Ce sont évidemment lesdits tableaux qui donnent la mesure des impulsions données par l'exécutif et, surtout, des économies qu'il compte réaliser. Sensible. D'autant qu'on sait depuis belle lurette que ces économies seront (très) importantes sous cette législature, étant entendu que la Belgique affiche un déficit structurel de quasi 5 % du PIB cette année et les années suivantes à politique inchangée. Le trou à combler pour cette année se monte à plus de 20 milliards d'euros. À politique inchangée, d'ici à la fin de la législature, le déficit grimperait même à plus de 41 milliards d'euros selon les tableaux fournis aux députés en fin de journée.
L'enveloppe bien-être trinque
Toute la question est donc de savoir comment les mesures prises par le nouveau gouvernement vont permettre de remettre le budget sur les rails et satisfaire ainsi la Commission européenne qui a ouvert, rappelons-le, une procédure pour déficit excessif à l'encontre de la Belgique. Les économies seront d'autant plus importantes que l'Arizona a mis sur la table quelques "politiques nouvelles", entendez des dépenses supplémentaires qu'elle compte bien engager, de l'ordre de 5 milliards d'euros. Ce qui porte l'effort global sur l'ensemble de la législature de 18 à 23 milliards d'euros. On trouve essentiellement dans ces politiques nouvelles la réforme fiscale (le relèvement de la quotité exonérée d'impôt essentiellement) et des dépenses en matière de défense, comme attendu.
Pour le reste, les plus gros postes d'économies ont trait aux réformes du marché du travail et des pensions, qui devraient en fin de législature rapporter près de 5 milliards d'euros. Ainsi, la seule limitation des allocations de chômage dans le temps – et le renforcement de leur dégressivité – devraient permettre une économie, en rythme de croisière à l'horizon 2029, de 1,9 milliard d'euros. Le plafonnement des pensions les plus élevées des fonctionnaires devrait rapporter plus de 300 millions en 2029 ; l'accès plus restreint à la pension anticipée, plus de 600 millions la même année et la restriction des périodes assimilées dans le calcul des droits à la pension, plus de 300 millions en 2029.
L'essentiel des économies, hors effets retour (de 7,8 milliards d'euros), sont donc faites en sécurité sociale. Il en est une qui étonne. Entre les tableaux budgétaires du 17 janvier et les tableaux fournis aux parlementaires ce mardi, on constate que l'enveloppe bien-être a fondu de près de 900 millions d'euros d'ici à 2029: l'économie globale réalisée se monte donc à 2,8 milliards en 2029. Pour rappel, l'enveloppe bien-être sert surtout à revaloriser certains revenus de remplacement qui sont faibles, en matière de pension ou d'allocations sociales. En matière de santé, 523 millions d'économies sont réalisés.
Les épaules les plus larges pendront une charge de 2,27 milliards
Plusieurs autres mesures doivent aussi compenser l'impact financier des politiques nouvelles. le gouvernement simplifiera ou supprimera certains subsides (1 milliard en 2029, dont 250 millions pour la seule SNCB en 2029). Une meilleure maîtrise des dépenses publiques, notamment les dépenses de personnel dans l'administration, devrait par ailleurs générer une économie de 1,6 milliard d'euros d'ici à 2029.
La politique migratoire, en rythme de croisière, devrait être source d'économies de 1,4 milliard d'euros par an d'ici à 2029. L'une des autres mesures phares, objet d'une grosse bataille entre le MR et les partis de gauche et du centre, à savoir la contribution des épaules les plus larges, devrait, elle, rapporter à l'État 2,27 milliards d'euros en 2029 en rythme de croisière. La seule taxation des plus-values devrait déjà rapporter 250 millions d'euros dès 2026, pour grimper jusqu'à 500 millions en 2029. La lutte contre la fraude sociale et fiscale, elle, devrait rapporter 800 millions d'euros, et non 700 comme projeté le 17 janvier : 400 millions pour la fraude sociale, et 400 millions pour la fraude fiscale.