Un tram caillassé à Schaerbeek après le match des Diables : "J'ai cru que notre dernière heure avait sonné"
L'incident a eu lieu à quelques centaines de mètres du lieu où l'auteur de l'attentat contre les deux Suédois a été neutralisé.

- Publié le 17-10-2023 à 21h26

Elle est encore sous le choc. Jenny n'est pas près d'oublier cette soirée du 16 octobre, durant laquelle la fête a viré cauchemar. "Mon fils est belgo-suédois et nous attendions ce match des Diables rouges face à la Suède depuis longtemps", explique la jeune femme. Nous avons fait des photos avec des supporters suédois, l'ambiance était bon enfant." Mais dès la fin de la première mi-temps, l'atmosphère tombe de plusieurs crans dans le stade Roi Baudouin. "Nous avons été mis au courant du terrible attentat au centre de Bruxelles. Le speaker ne cessait de nous demander d'être patients". Finalement, vers 23 h 30, Jenny, son compagnon et son fils de 11 ans obtiennent l'autorisation de quitter le stade. "Nous avons pris le tram 7 pour rejoindre l'arrêt Pétillon, près duquel nous avions laissé notre voiture. Il devait y avoir une centaine de personnes dans le tram, tous des supporters des Diables rouges".
"Le conducteur nous a dit de nous coucher au plus vite"
Le trajet se passe sans encombre jusqu'à proximité de l'arrêt Demolder, en plein cœur de Schaerbeek. "Soudain, les vitres du tram ont explosé. Le conducteur nous a dit de nous coucher au plus vite. J'ai cru que notre dernière heure était arrivée. C'était le chaos total. Nous étions couchés sur nos enfants pour les protéger. Une dame s'est blessée". Le tram s'immobilise un court instant. "Mon compagnon a crié au conducteur de redémarrer au plus vite, ce qu'il a fait. Le tram s'est ensuite à nouveau arrêté : le conducteur a déblayé les vitres partiellement brisées et a appelé la police. Il a été incroyable de sang-froid et je tiens à l'en remercier car la situation était traumatisante".
Que s'est-il passé ? "Le conducteur a expliqué que nous avons été caillassés par des "plaisantins". La Stib, qui confirme l'incident, parle, elle, "d'un jet de pierre n'ayant fait aucun blessé." Quelques heures plus tard, Jenny apprendra que l'auteur de l'attentat terroriste a été appréhendé à quelques centaines de mètres de l'incident vécu en fin de soirée dans le tram 7. "Cela nous a fait froid dans le dos. On s'est demandé si les deux événements étaient liés, si l'auteur de l'attentat avait d'éventuels complices". Pour la Stib, l'incident n'a toutefois "rien à voir avec la fusillade de Sainctelette". En attendant, Jenny tente de rassurer son fils, fort marqué par cette soirée mouvementée. "Il aime bien rester à la maison quand je vais faire des courses. Mais tout à l'heure au bout de quelques minutes, il m'a appelée car il ne voulait pas être seul. Il lui faudra sans doute encore du temps avant de s'en remettre".