"Soudain" : Virginie Efira, lumineuse chez Hamaguchi à Cannes
Ce vendredi après-midi, l'actrice belge montait à nouveau les marches pour présenter en Compétition un long dialogue philosophique sur la communication, le handicap et la mort.

- Publié le 15-05-2026 à 17h24
- Mis à jour le 23-05-2026 à 19h28

Comme la veille pour Histoires parallèles d'Asghar Farhadi, Virginie Efira a donc défilé sur le tapis rouge du 79e Festival de Cannes, ce vendredi après-midi, pour dévoiler en Compétition Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, où la comédienne belge brille à nouveau par son naturel, tant en français… qu'en japonais.

Long dialogue
Cinq ans après avoir marqué la Croisette avec Drive My Car (qui repartira avec le prix du scénario, avant d'empocher l'oscar du meilleur film international) et trois ans après son grand prix à la Mostra pour Evil Does Not Exist, Hamaguchi a de nouveau impressionné sur la Croisette. Avec un long dialogue (3h15) entre l'art, les soins, la démence, la fin de vie et l'impasse du capitalisme.
Et ce en mettant en scène la rencontre entre Marie-Lou Fontaine (Virginie Efira), directrice d'une maison de repos privée où elle essaye d'implémenter des thérapies innovantes basées sur la notion d'"humanitude", et Mari Morisaki (Tao Okamoto). Philosophe de formation, cette jeune metteuse en scène japonaise, luttant contre un cancer en phase terminale, est en tournée à Paris avec une pièce sur la gestion de la folie dans la société. Une pièce jouée par un vieil acteur Goro Kiyomiya (Kyōzō Nagatsuka), dont le petit-fils Tomoko (Kodai Kurosaki) souffre d'autisme.

Théorie et pratique
Pour écrire son premier film français, Hamaguchi s'est basé sur Soudain, je me sens mal, livre de l'anthropologue japonaise Maho Isono, tiré d'un échange de vingt lettres avec Maoko Miyano, une philosophe en fin de vie. De ce matériau documentaire, le cinéaste tire un film qui oscille sans cesse entre cadre théorique — avec, au beau milieu, une démonstration convaincante, avec tableau et feutres à l'appui, du caractère irrémédiablement autodestructeur du capitalisme — et mise en pratique de celui-ci. Que ce soit à travers le théâtre, les soins aux personnes âgées atteintes de démence ou l'accompagnement d'une jeune femme condamnée. Avec une idée forte : comment rendre possible l'impossible.
Le résultat est un film à la fois passionnant par la réflexion qu'il propose sur l'importance de la communication (thème fétiche d'Hamaguchi, qu'il dissèque ici en profondeur) et émouvant grâce à l'interprétation de ses deux merveilleuses comédiennes. Avec un prix d'interprétation à la clé pour Efira ? Réponse dans une semaine…

Soudain
Drame De Ryūsuke Hamaguchi Scénario Léa Le Dimna et Ryūsuke Hamaguchi (d'après le livre de Maoko Miyano et Maho Isono) Photographie Alan Guichaoua Musique Samuel Andreyev Montage Azua Yamakazi et Minori Akimoto Avec Virginie Efira, Tao Okamoto, Kyōzō Nagatsuka… Durée 3h16