Dua Lipa, reine du girl power à Rock Werchter 2024
Les femmes ont dominé la troisième journée du festival Rock Werchter2024 avec Dua Lipa, Janelle Monae et la revenante Avril Lavigne.

- Publié le 07-07-2024 à 11h16
- Mis à jour le 09-07-2024 à 17h50

Le soleil est revenu en cette troisième journée du festival Rock Werchter, qui se clôture ce dimanche soir avec la prestation du groupe américain Foo Fighters, et les femmes ont été tout simplement triomphales. De The Last Dinner Party, nouveau buzz de pop indie baroque, dont la prestation en début d'après-midi a pourtant été un cran en dessous de celle proposé au Botanique en février dernier, à la queen Dua Lipa, il n'y en a eu quasi que pour elles. Dans tous les styles, dans toutes les nuances et de toutes les couleurs.
Hissée au sommet de son dernier top 100 des "Personnes les plus influentes" par le magazine Time, Dua Lipa n'a pas volé son statut de tête d'affiche de cette édition 2024. C'est incontestable. Que les haters aillent cracher leur venin ailleurs. À vingt-huit ans, l'artiste britannico-albanaise capture plus que toute autre chanteuse de sa génération l'essence de la jeunesse, de la liberté et de la féminité. Plus qu'un plaidoyer stéréotypé, "Radical Optimism", son troisième album paru en mai dernier, se révèle une magnifique ode au lâcher prise qui fait un bien fou. Sa tournée d'été est au même diapason. "Je veux présenter un show très fun, très positif", nous confiait-elle dans une interview exclusive accordée à la sortie de cet album pour lequel elle a collaboré avec Kevin Parker, leader du groupe australien psychédélique Tame Impala. "Pour faire face à ce monde en pleine mutation, nous devons nous adapter et nous résilier. Faire preuve d'optimisme peut aider à surmonter des épreuves qui nous semblaient autrefois impossibles à affronter."
Grosse production

Message reçu cins sur cinq ce samedi à Werchter. Musiciens, danseuses, danseurs, choristes, escaliers latéraux, structures modulables et superpositions d'images sur les grands écrans… Dua Lipa sort le grand jeu dans ce show, certes très formaté, qui est découpé en quatre actes. Après un échauffement aérobic en bande-son (le Gym Tonic de Bob Sinclar), la jeune femme impose d'emblée l'euphorique Training Season, gros single extrait de "Radical Optimism". Elle chante, elle danse, va chercher chaque regard de l'assistance et affiche la détermination des winners. Si le premier acte veut en mettre plein la vue avec une succession effrénée de chorégraphies et d'effets visuels sur One Kiss, Illusion, Break My Heart et Levitation, la suite du concert amène davantage de relief au propos. Dua Lipa se rapproche de ses musiciens, parle davantage avec son public, joue dans les nuances en pop à valeur ajouté et rythmique dancefloor. Elle garde logiquement Physical et Houdini pour le final en équilibrant le reste de son set entre nouveaux titres (le joli mid-tempo These Walls), reprise (Cold Heart d'Elton John, l'un de ses plus gros admirateurs) et versions reliftées (Be The One ou New Rules traversé d'un emprunt au Glue de Bicep). Tout n'est certainement pas joué en live, les imposantes structures scéniques restreignent parfois sa liberté de mouvement mais elle impressionne par son énergie et la justesse de ses interprétations.

La revue soul de Janelle Monáe

Trois heures plus tôt, sous un The Barn étonnamment pas complet, l'Américaine Janelle Monáe est, elle aussi, venue avec un tout gros show… et une garde-robe qui doit remplir au moins deux semi-remorques. Sur scène, c'est un déluge de notes cuivrées, de sensualité, de fleurs, de couleurs et de tenues extravagantes inspirées autant du carnaval de Rio que des soirées glamour/chic (sur le joli Champagn Shit tiré de son album "The Age Of Pleasure") ou de l'hommage à Michael Jackson (avec veston croisé, chapeau noir, moonwalk mais sans le gant blanc). Janelle se donne aussi de l'espace pour ajouter sensualité, discours féministe et finalement beaucoup de décontraction. Sans toujours se donner la peine de jouer les chansons en entier, son groupe malaxe soul, funk, pop r&b dans la grande tradition des concerts "revues" de ses héros James Brown et Prince. Grand moment.

Avril en juillet

Revival, effet TikTok, nostalgie ? A vrai dire, on ne sait pas très bien mais Avril Lavigne occupait ce samedi une place sur l'affiche qu'elle n'a jamais obtenu dans ses grandes années. Devant le main stage, plusieurs générations de fans, et pas que des femmes, pour l'accueillir et c'était euphorique. Visiblement émue et surprise par la réaction du public, la Canadienne a fait le job dans le cadre d'une tournée Greatest Hits qui porte son nom. Lesdits hits se rangeant dans deux catégories : ballades sentimentales et chansons un peu plus nerveuses. On ne s'attendait à ne reconnaître que Sk8ter Boi et Complicated. Mais en fait, ce sont plein de souvenirs, et pas forcément mauvais, qui nous sont revenus au son de Girlfriend, Bite Me, I'm With You et autre My Happy Ending. Fringues, cheveux, amplis et feux d'artifice en papier… Tout était rose chez Avril.