À la veille de Noël, Anja (Andrea Bræin Hovig) rentre à Oslo après quatre semaines passées à Amsterdam, où sa dernière chorégraphie a connu un grand succès. C’est la première fois que sa troupe de danseurs tourne à l’étranger et sa carrière semble décoller, elle qui a toujours vécu dans l’ombre de son compagnon Tomas (Stellan Skarsgård), metteur en scène de théâtre reconnu.

Anja est heureuse de retrouver ses trois enfants, ainsi que ceux de Tomas. Mais aussi son père (Einar Økland), qui les a rejoints pour le réveillon. Mais elle s’inquiète de ces migraines qui ne la lâchent pas depuis quelque temps. Quand elle se rend à l’hôpital, on lui diagnostique une tumeur au cerveau, possible métastase d’un cancer du poumon qu’elle avait vaincu un an plus tôt. Les médecins veulent l’opérer au plus vite, même si on lui annonce que sa maladie est incurable…

L’espoir plus fort que la maladie

Comme son titre l’indique, Hope est un film qui met en scène l’espoir d’une femme et de sa famille face à la mort annoncée. Mais pas de suspense malsain ici quant à l’issue du combat. Dès le carton d’ouverture, la cinéaste Maria Sødahl précise : "Ce film est mon histoire, telle que je m’en souviens." Ce qui explique les dix années écoulées depuis son film précédent, Limbo en 2010.

C’est donc bien son combat au jour le jour contre la maladie que retrace la cinéaste norvégienne, de la veille du réveillon de Noël au début du mois janvier. Et pour ce faire, elle s’est bien entourée. Pour camper le double à l’écran de son mari Hans Petter Moland (auteur de Sang froid ou Out Stealing Horses ), elle a ainsi fait appel à leur ami Stellan Skarsgård. Tandis qu’elle peut compter sur le directeur photo de Lars Von Trier Manuel Alberto Claro (Melancholia, Nymphomaniac) pour mettre en lumière ce drame familial intense.

Étude des sentiments

Puisqu’on sait qu’Anja (campée par la très convaincante Andrea Bræin Hovig) ne mourra pas, Sødahl peut se concentrer sur la description de la façon dont une telle tragédie frappe une famille, en remettant en cause toutes les interactions entre ses membres. Avec beaucoup d’honnêteté, la cinéaste met par exemple en scène l’égoïsme qui touche son héroïne face à la mort, mais aussi la façon dont, autour d’elle, chacun essaye de se racheter. À commencer par son compagnon, qui a toujours privilégié sa carrière à leur relation.

Ayant vécu dans sa chair cette expérience, non seulement la douleur physique mais surtout l’angoisse, Maria Sødahl trouve toujours le ton juste. Que ce soit dans la dureté quand c’est nécessaire, mais aussi dans les sentiments. Quand il s’agit, par exemple, de filmer une femme regardant ses enfants décorer le sapin de Noël, sans savoir que leur mère est mourante. Ou de croire à une seconde chance pour un amour endormi au fil des ans…

Hope / Håp Drame familial Scénario&réalisation Maria Sødahl Photographie Manuel Alberto Claro Montage Christian Siebenherz Avec Andrea Bræin Hovig, Stellan Skarsgård, Einar Økland… Durée 2 h 06.

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