Icon payantArticle réservé aux abonnés

De Proust à Stephen King, sur la piste des animaux

Les Midis de la poésie reçoivent Anne Simon, chercheuse en zoopoétique. Entretien.

De Proust à Stephen King, sur la piste des animaux

Pour comprendre l'attrait d'Anne Simon pour le monde animal, il faut remonter le cours de sa vie. "Je les ai aimés dès l'enfance, et cette tendresse ne m'a pas quittée", explique la chercheuse en zoopoétique. "Puis il y a eu de l'attachement et de l'attirance pour ce qu'ils représentaient - de proche, de beau, d'étrange." Ensuite, contre toute attente, c'est Proust, à qui elle a consacré sa thèse et quatre ouvrages, qui nourrit son intérêt. "On voit en Proust l'auteur par excellence de l'introspection, de l'exploration de l'âme humaine, mais aussi l'écrivain sociologue qui diagnostique la manière dont la grande bourgeoisie va pénétrer le monde de l'aristocratie, alors que, pour ma thèse, je l'ai abordé par la question du sensible et des émotions. Je me suis alors rendu compte qu'il y avait chez lui d'autres corps que ceux du narrateur et des personnages : des corps d'animaux. Dans les années 1990, quand on cherchait des animaux en littérature, on pensait soit aux grands monstres mythiques (à la pieuvre de Victor Hugo, au calmar géant de Jules Verne), soit aux animaux domestiques (le chat de Baudelaire), soit aux grands carnivores (le lion de Kessel), et on oubliait les petites bêtes. Or chez Proust, il y a beaucoup de petites bêtes : des têtards, des salamandres, des protozoaires, des larves…"

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...