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Leïla Slimani: "Longtemps, l'arabe a souffert d'une mauvaise image, elle est drôle, créative, syncrétique"

Sans avoir l'air d'y toucher, le père de Leïla Slimani a joué un grand rôle dans son éducation littéraire.

Pour Leïla Slimani, "la vie est plus grande, plus vraie, plus intense dans les livres".
Pour Leïla Slimani, "la vie est plus grande, plus vraie, plus intense dans les livres". ©Roses Nicolas/ABACA

Avec J'emporterai le feu, Leïla Slimani clôt sa magnifique fresque familiale, Le pays des autres, qui va de 1940 à nos jours. La dernière partie de ce triptyque est parsemée de références littéraires : noms d'auteurs, titres d'ouvrages. Un lien particulier unit d'ailleurs Mia, l'un des personnages, à son père Mehdi. "Chaque fois qu'elle se montrait curieuse ou qu'elle tentait d'évoquer le passé, Mehdi lui tendait un livre. 'Arrête avec tes questions et va lire ça.'" C'est ainsi que Mia eut entre les mains Jack London, Stefan Zweig, Camus, Baudelaire, Tolstoï, Zola, Aragon, Kundera, parmi d'autres. Ce lien a-t-il existé entre l'autrice franco-marocaine et son père ? "La manière dont les livres apparaissent est romancée, même si elle décrit de façon assez juste la relation intense que j'ai pu avoir avec ceux-ci depuis mon enfance. En particulier avec mon père qui ne parlait pas de choses intimes. Ce sont d'abord les écrivains qui ont répondu aux questions que je me posais. La vie est plus grande, plus vraie, plus intense dans les livres ; si on est à la recherche de quelque chose de cet ordre, c'est chez eux qu'on peut le trouver."

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