"Retour aux sources" : la fille sacrifiée de la famille Kennedy
- Publié le 01-02-2019 à 13h06
- Mis à jour le 01-02-2019 à 13h07

"Retour aux sources" propose un portrait de Rosemary. La Une, 22h35.La fratrie Kennedy a connu de nombreux drames. Parmi eux, on peut citer la mort de Joseph Patrick Jr., pilote tué pendant la Seconde Guerre mondiale en 1944 ; John Fitzgerald, assassiné à Dallas moins de trois ans après son arrivée à la Maison-Blanche ou encore Bobby, tué le soir de sa victoire aux primaires démocrates californiennes.
La trajectoire de Rosemary, la mal-aimée de la famille, est sans doute moins connue. Qu'est-il arrivé à Rosemary Kennedy ? , dévoile son histoire et relate, en détails, la façon dont s'y sont pris ses parents - Joseph Patrick Sr. et Rose - pour à tout prix l'écarter de la vie publique.
Des archives précieuses
Comme il l'avait déjà fait pour raconter le parcours de deux autres membres de la famille (Jackie sans Kennedy et Bobby Kennedy, le rêve brisé de l'Amérique), Patrick Jeudy est parti des archives (photos et films de famille, lettres et journaux intimes). Grâce à son travail de fourmi, à une écriture et un ton posé, à un montage calibré, le réalisateur français propose un portrait de qualité.
On y découvre Rosemary, petite fille ballottée d'une école à l'autre. Souffrant d'un retard mental, elle est incapable de suivre les cours au même rythme que les autres.
Patrick Jeudy s'attarde sur une période de deux ans (entre 1938 et 1940) durant laquelle toute la famille traverse l'Atlantique pour suivre le père nommé ambassadeur à Londres. Rosemary mène, alors, une existence normale et se retrouve même mise en avant dans les magazines mondains.
Une lobotomie
On est, alors, loin d'imaginer que cette jeune fille élégante et souriante sera lobotomisée en 1941 à seulement 23 ans, puis placée dans un couvent où elle passera la majorité de son existence.
En filigrane de ce destin, on découvre un portrait glaçant des parents. Entre un père volage, obsédé par l'ambition et une mère autoritaire, imposant des régimes à ses enfants en leur inculquant un esprit de compétition. Cette dernière n'exprimera, d'ailleurs, pas un regret lorsqu'elle écrira ses mémoires en 1972. Un best-seller dans lequel elle ne cite jamais le prénom de sa fille Rosemary.
