Objectif Bruxelles pour la pièce événement "La course des géants"
Le spectacle écrit et mis en scène par la Française Mélody Mourey atterrit à Wolubilis pour deux dates, les 13 et 14 octobre.

- Publié le 11-10-2022 à 16h17
- Mis à jour le 11-10-2022 à 18h45

C'est depuis le Théâtre national de la Grèce du Nord, à Thessalonique, que Mélody Mourey décroche son téléphone. "Là, je suis avec douze acteurs grecs et on recrée complètement mon premier spectacle,Les crapauds fous. C'est un défi passionnant", s'enthousiasme la jeune autrice et metteuse en scène française. Alors qu'elle donne un nouveau souffle à ce spectacle qui lui a ouvert la voie du succès en France (trois nominations aux Molières 2019) et désormais à l'international, Mélody Mourey s'est libérée quelques minutes pour évoquer sa nouvelle création, La course des géants, à découvrir ces 13 et 14 octobre à Wolubilis.
Dans Les crapauds fous, le public était plongé au cœur de la Seconde Guerre mondiale dans une aventure hors du commun inspirée de faits réels, celle de deux médecins polonais qui sauvèrent des milliers de vies en imaginant un ingénieux stratagème pour tromper les nazis. Aujourd'hui, avec La course des géants, Mélodie Mourey s'aventure dans l'odyssée de la conquête spatiale. L'histoire ? Nous sommes dans le Chicago des années 60. Surdoué et féru d'astronomie, le jeune Jack Mancini jongle entre son petit boulot dans une pizzeria, des nuits au poste de police pour délinquance et une mère démissionnaire. Mais le jour où un professeur de psychologie détecte ses capacités hors norme et lui propose une place dans une prestigieuse université, la vie de Jack s'envole vers un tout autre destin… : celui, en pleine Guerre froide, de la course à l'espace.
Aller dans l'espace, un rêve d'enfant
"Le point de départ de ce spectacle, c'est le thème des rêves d'enfants et ce qu'on est prêt à accomplir et sacrifier pour les réaliser, explique l'autrice. À mes yeux, le rêve d'aller dans l'espace est l'illustration la plus folle du rêve d'enfant puisque c'est celui qui semble le plus inaccessible, le plus extrême et fait peut-être rêver le plus d'enfants". "Ensuite, enchaîne-t-elle, j'ai trouvé intéressant de le placer dans le contexte de la Guerre froide et du début de la conquête spatiale, notamment le programme Apollo. J'ai alors inventé une histoire en m'inspirant de plusieurs faits réels qui sont venus enrichir le contexte, comme quelques péripéties lors du sauvetage d'Apollo 13. Quelques éléments de la vie du héros, Jack, sont également empruntés à la vie de plusieurs astronautes. Mais cela reste une fiction. Jack Mancini n'a jamais existé".
Les codes des séries télé au théâtre
Si La course des géants n'est "que" sa deuxième pièce, Mélody Mourey a, dès ses débuts, très vite su imposer son style – ce deuxième opus lui a valu le Molière du comédien dans un second rôle pour Nicolas Lumbreras – : rythme palpitant et soutenu, humour et énergie. Et souffler un vent frais sur le théâtre français. "Je m'inspire des codes narratifs des séries télé et des films, avec des flasback, des changements de lieux très rapides, indique-t-elle. Et ce, grâce aux acteurs qui interprètent plusieurs personnages (six comédiens jouent trente rôles différents ! dans La course aux géants, NdlR) et aux vidéos qui permettent de changer de lieu en un clin d'œil dans des conditions très fluides". "Mais, nuance-t-elle, en même temps, cela reste très théâtral parce que, justement, ce serait très compliqué de raconter cette histoire-là au cinéma. S'appuyer sur l'imagination des spectateurs et spectatrices permet vraiment de passer des quartiers pauvres de Chicago à une salle de contrôle de la Nasa, à l'intérieur d'une fusée, etc.".
Succession des scènes sans temps mort, multiples changements de lieux et de costumes, plusieurs personnages pour un même interprète, humour…, le théâtre "chorégraphique" de Mélody Mourey s'apparente à celui d'un autre jeune auteur et metteur en scène français au succès fulgurant, Alexis Michalik. "La comparaison est très flatteuse, estime Mélody Mourey, car les pièces d'Alexis Michalik sont toutes géniales (Le porteur d'histoire, Edmond…), mais, aujourd'hui, il y a tellement de metteurs en scène qui utilisent ces codes narratifs-là, que la comparaison ne tient plus".
--> Bruxelles, Wolubilis, les 13 et 14 octobre à 20h30. Infos et rés. au 02.761.60.30 ou sur www.wolubilis.be
