Z. Genot : "On n'est pas plus ou moins laxiste que les autres"

"90% des demandeurs d'asile n'ont pas de raisons de de venir en Belgique", déclarait, hier, Maggie De Block, Secrétaire d'État à l'asile et l'immigration. Des propos tantôt salués tantôt décriés. Une opinion de Zoé Genot, Députée fédérale (Ecolo).

Entretien : J-P. Du.
Z. Genot : "On n'est pas plus ou moins laxiste que les autres"
©Photonews

90 % des demandeurs d'asile sont-ils indésirables chez nous ?

Dans les catégories de personnes qui frappent à notre porte, les premiers pays d'où proviennent les demandeurs sont l'Afghanistan, la Guinée, l'Irak. Ce ne sont pas des pays où il fait spécialement bon vivre. Et il est donc assez logique que les gens viennent se réfugier ici.

Certains affirment qu'il y a trop de laxisme dans le traitement de l'accueil.</>

D'abord, il est faux de dire que nous sommes le seul pays à reconnaître comme demandeurs d'asile des ressortissants d'autres pays européens. Dans les faits, on n'a donné le statut de réfugiés à aucun Européen. On n'est donc pas plus ou moins laxiste que les autres. Ce sont des racontars. Et, par exemple au niveau des Afghans, on a des taux de reconnaissance bien inférieurs à toute une série de pays pas spécialement accueillants comme l'Autriche ou l'Italie.

Vous contestez donc le fait que la politique de la Belgique en la matière constitue un appel d'air pour tous les demandeurs d'asile potentiels ?

La mauvaise gestion du dossier de l'asile en Belgique a donné l'impression qu'on pouvait facilement venir dans notre pays, que les dossiers n'y sont pas traités, et que donc on allait disposer d'un droit de séjour parfois pendant plusieurs années. Cela, c'est un vrai problème. Au mieux, on a une réponse dans les quatorze-quinze mois pour une demande d'asile. Une demande de régularisation se traite entre 18 et 36 mois. On a un arriéré en matière d'asile de 9 000 dossiers. Qu'est ce qui s'est passé ? On a mis des dossiers de côté en les laissant pourrir. Et au bout de 5-10 ans, on s'est dit qu'on ne pouvait plus donner un refus à ces gens et on a mis en place une opération de régularisation. Et on est en train de refaire exactement la même chose puisque la ministre propose de revenir à la méthode "dernier arrivé, premier sorti".

Nous, on demande qu'on donne des moyens aux structures d'asile pour pouvoir examiner rapidement les dossiers, avec une procédure de bonne qualité, avant de pouvoir donner une réponse dans un délai correct. La ministre actuelle dit qu'elle veut régler les dossiers d'asile en trois mois, mais son budget a diminué de 10 %.

Vous êtes favorable à une nouvelle opération de régularisation ?

Non, à ce stade-ci. Ce qu'on souhaite, c'est terminer la précédente parce que dans les dossiers de 2008, il y a encore des milliers de cas en attente. La moindre des choses, c'est qu'on donne une réponse à ces gens.

Y a-t-il des filières organisées pour obtenir le statut de réfugié pour des raisons médicales ?

Le premier problème, c'est là aussi la lenteur. Il faut attendre deux ou trois ans pour avoir une réponse. Il y a des gens qui abusent de la procédure mais aussi d'autres qui sont effectivement gravement malades. L'autre problème, c'est que dans nos pays riches, on est en train de prendre le personnel médical et infirmier pour l'importer chez nous. C'est le cas en Roumanie où des hôpitaux ont dû fermer par manque de personnel, qui était parti à l'étranger. Il ne faudra pas s'étonner que si on va chercher les médecins et infirmières, les malades arrivent aussi.

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