Près de 10 000 euros: la somme que vous devez prouver détenir… pour venir faire une année d'études en Belgique
Ce montant sert de preuve de moyens de subsistance. D'autres cas, comme celui des courts séjours, appliquent également ce type de caution.

- Publié le 29-08-2023 à 15h57
- Mis à jour le 29-08-2023 à 15h58

Pour pouvoir venir en Belgique si l'on vient d'un pays hors de l'espace Shengen, il faut obtenir un visa. De nombreuses démarches administratives doivent alors être complétées. Parmi elles, il est nécessaire de fournir une "preuve de moyens de subsistance suffisants". Concrètement, il s'agit d'un montant que la personne doit fournir pour le franchissement des frontières extérieures. La plupart des pays ont leur propre montant, adapté selon le niveau de vie.
Si des pays comme l'Autriche n'ont pas un montant de référence précis, la Belgique en a, quant à elle, fixé un. Et celui pour les étudiants venant de pays hors de l'Union européenne souhaitant faire leur cursus universitaire dans le royaume n'est pas donné : 789 euros net par mois. La somme est d'application pour l'année académique 2023-2024, mais celle-ci varie chaque année en fonction des prix de l'inflation.
Donc pour un étranger hors-UE voulant étudier en Belgique, celui-ci devra débourser 789 euros multipliés par douze (le nombre de mois), soit 9468 euros. S'il souhaite poursuivre son parcours, il devra refaire la démarche, avec le montant indexé. Une somme, que l'étudiant devra bloquer sur un compte géré par l'établissement d'enseignement supérieur. Une fois ce montant bloqué, l'étudiant obtiendra un "certificat de solvabilité", indispensable pour faire sa demande de visa. Et une fois sur place, l'établissement versera chaque mois le montant à l'étudiant. Dans le cas malheureux d'un éventuel décès de l'étudiant, l'ULB confie que cela sera géré au cas par cas. Elle ajoute également que ce type de situation ne s'est encore jamais produit.
"Un étudiant n'a pas de revenus. On doit donc pouvoir s'assurer qu'il ait les moyens de subvenir à ses besoins. Soit par lui-même, soit par un job étudiant, ou alors par un garant qui serait là pour couvrir un montant minimum", indique Dominique Ernould, porte-parole de l'Office des Étrangers (ODE). Des alternatives sont, en effet, proposées pour l'étudiant. Une attestation de prêt ou de bourse peut faire office de preuve de moyens de subsistance, ou alors l'engagement de prise en charge par un garant. Celui-ci devra cependant être validé par l'ambassade ou le consulat belge du pays d'origine.
Aussi pour les courts séjours
Les étudiants ne sont pas les seuls à devoir fournir une preuve de solvabilité. Le cas d'un court séjour exige également une preuve de moyens de subsistance suffisants pour obtenir un visa. Et pour ce qui est du droit belge, les montants sont clairs. Si un étranger hors-UE souhaite venir en Belgique et qu'il se rend chez un particulier, il devra disposer de 45 euros par jour de durée du voyage. Et si la personne réside dans un hôtel, le montant grimpe à 95 euros par jour. Pour un voyage de trois mois, il devra donc économiser 4 050 euros ou 8 550 euros respectivement. "Cette provision est un 'au cas où'. C'est à utiliser dans le cas où la personne a des problèmes avec son retour par exemple, et qu'éventuellement l'État belge devrait intervenir sur certains frais", ajoute Dominique Ernould.
À noter que là encore, des alternatives sont proposées, notamment l'engagement d'un garant qui hébergera la personne en question.
Pour rappel, un visa de court séjour concerne les voyages de moins de 90 jours, et dont le motif du voyage doit être touristique, familial ou amical, une manifestation culturelle ou sportive, un voyage d'affaires, un stage court ou un transit par un territoire de l'espace Shengen.
Attention à l'aéroport
Une fois les preuves fournies et les démarches administratives complétées, la personne est alors muni du visa. Mais tout n'est pas encore gagné pour autant. "On insiste auprès des postes diplomatiques des ambassades de bien dire que le fait d'avoir reçu un visa ne donne pas un blanc-seing pour rentrer. Il faut que toutes les conditions données au moment de la délivrance des visas soient toujours d'application", explique la porte-parole de l'ODE.
En effet, les preuves peuvent également être demandées lors du contrôle frontière à l'aéroport. "Soit on va regarder si vous avez des traveller's cheque, une carte de crédit, du cash… Il y a une vérification faite au niveau de la solvabilité. Elle doit exister au moment où vous rentrez sur le sol belge, ajoute Dominique Ernould, Cela arrive qu'on doive procéder à des refus d'entrer parce que la personne, pensant qu'elle a son visa en poche, n'a plus les moyens ou les preuves des moyens de subsistance. Dans ce cas, on est obligé de les refuser." L'Office des étrangers conseille donc de faire particulièrement attention sur ce point, afin d'éviter que son voyage soit gâché.
