Les banques américaines, la nouvelle arme de Trump dans sa lutte anti-immigration ?
Les institutions financières pourraient bientôt être contraintes de fournir des informations sur la citoyenneté de leurs clients, une mesure qui inquiète.

- Publié le 25-02-2026 à 13h48
- Mis à jour le 25-02-2026 à 17h00

La Maison-Blanche continue sa chasse aux étrangers. Et selon les informations du Wall Street Journal, l'administration Trump souhaite franchir une nouvelle étape en impliquant directement les banques dans ce procédé, dans un contexte de forte répression.
D'après des sources proches du dossier, la Maison-Blanche pourrait en effet, bientôt obliger les banques américaines à fournir davantage d'informations sur la citoyenneté de leurs clients directement au service de l'immigration. Une mesure qui viserait à renforcer le contrôle sur les étrangers, mais qui pourrait avoir des conséquences pour l'ensemble des clients des banques, rapportent plusieurs médias américains.
Un changement radical
Actuellement, ouvrir un compte bancaire aux États-Unis ne nécessite pas de passeport : une simple pièce d'identité, comme une carte d'identité ou un permis de conduire, suffit. Mais avec cette nouvelle directive, les banques pourraient être contraintes de demander des documents supplémentaires, notamment un passeport, aussi bien aux nouveaux clients qu'à ceux déjà enregistrés. Une initiative qui n'était alors pas obligatoire pour les citoyens américains.
Mais cette mesure pourrait concerner des millions d'Américains car seulement 53 % étaient en possession d'un passeport en 2024, selon les statistiques.
Des inquiétudes du côté des banques
Selon le Washington Post, les dirigeants des banques craignent donc que ces nouvelles mesures créent des obstacles supplémentaires pour accéder aux services financiers américains car cette politique pourrait compliquer l'ouverture ou le maintien de comptes pour un grand nombre de citoyens américains.
Selon CNN, les dirigeants bancaires sont également inquiets de jouer un rôle dans la politique migratoire de Trump visant à expulser tous les immigrants en situation irrégulière. Une autre source du secteur a également confié au média américain être très alarmée. "C'est une mauvaise idée. Vérifier le statut de citoyenneté de chaque client bancaire serait irréalisable", a rapporté cette même source à CNN.
Un climat tendu aux USA
Pour rappel, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, son administration a intensifié les opérations de la police de l'immigration américaine (ICE), en particulier dans les grandes villes. À Minneapolis, le point culminant a été en janvier 2026, lorsque deux citoyens américains, Renée Good et Alex Pretti ont été abattus par des agents fédéraux. De nombreuses manifestations avaient alors émergé dans plusieurs grandes villes américaines.
Depuis, l'administration Trump multiplie les moyens pour traquer les étrangers. En janvier dernier, c'était la filiale américaine de l'entreprise française Capgemini qui avait été pointée du doigt pour sa collaboration avec ICE, notamment pour l'aide qu'elle apportait dans l'identification et la localisation des étrangers. Reste à voir si Donald Trump ira jusqu'à impliquer directement ses banques américaines, au risque de déclencher une guerre entre les institutions financières et son administration…