Ecolo ne veut pas d'une 5G déployée "à la hussarde"
Deux députés fédéraux écologistes, Gilles Vanden Burre et Stefaan Van Hecke, ont déposé une proposition de résolution à la Chambre demandant un report de la consultation publique initiée par l'IBPT (régulateur fédéral) sur des licences 5G provisoires. Ils réclament un débat en profondeur avant de se lancer.

- Publié le 01-05-2020 à 16h02
- Mis à jour le 25-06-2020 à 09h53

Le déploiement de la 5G (cinquième génération de standards pour les réseaux mobiles), en Belgique, n'est pas du goût de tout le monde. Dans le dossier que La Libre a consacré au sujet (notre édition du 30/4), nous rappelions, en particulier, que l'annonce du déploiement par Proximus du premier réseau public 5G sur notre territoire avait mécontenté plusieurs villes et communes wallonnes. Cela a aussi ravivé l'opposition d'associations, de groupements citoyens et de professionnels de la santé, qui dénoncent les risques que font courir la 5G sur la population et l'environnement.
Sur le plan politique, le groupe des écologistes au Parlement a décidé de monter au créneau. Les députés fédéraux Gilles Vanden Burre et Stefaan Van Hecke ont déposé, cette semaine, une proposition de résolution dans laquelle ils demandent l'annulation d'une consultation publique organisée par l'IBPT, le régulateur du secteur des télécoms, et son report à l'automne.
Cette consultation a été organisée par l'IBPT du 24 mars au 21 avril (c'est-à-dire en période de confinement de la population). Son objet concernait l'attribution de droits d'utilisation provisoires 5G dans la bande de fréquences 3,6-3,8 GHz. En attendant que de nouvelles fréquences fassent l'objet d'une mise aux enchères en bonne et due forme (pour ça, il faudrait avoir un gouvernement fédéral de plein exercice), ces licences provisoires doivent permettre à des opérateurs d'entamer le déploiement de la 5G. Cinq entreprises sont candidates : Proximus, Telenet, Orange Belgium, Cegeka (société belge de services IT) et Entropia (société flamande active dans les services télécoms). Ces opérateurs attendent désormais le feu vert de l'IBPT pour activer ces licences provisoires.
"Les choses bougent…"
Pour Gilles Vanden Burre, la manière dont le régulateur et le ministre des Télécoms, Philippe De Backer (Open VLD) procèdent n'est pas correcte et s'oppose aux inquiétudes légitimes de la population. "Même si l'IBPT ne l'a pas fait de manière délibérée, la consultation publique sur les licences provisoires 5G ne pouvait être menée sérieusement dans le contexte actuel de confinement, explique-t-il. Les conditions n'étaient tout simplement pas réunies". Avec son collègue de Groen, il demande que la consultation soit annulée et réorganisée une fois qu'on sera sorti totalement du confinement.
En parallèle, Gilles Vanden Burre réclame "un débat citoyen et démocratique en profondeur" sur la 5G afin d'informer la population et de répondre à ses préoccupations en termes de santé publique. "On ne peut pas lancer la 5G à la hussarde avant de mener un tel débat", soutient Gilles Vanden Burre.
Si le ministre De Backer, encouragé par Agoria (fédération des entreprises technologiques), souhaite aboutir le plus rapidement possible sur ce dossier de la 5G, le député écologiste note que "les choses sont en train de bouger" depuis quelques semaines. Il fait aussi observer que les cinq communes wallonnes ayant obtenu la suspension du déploiement de la 5G par Proximus, depuis le 1er avril, sont dirigées par des bourgmestres issus de cinq partis différents…
La saga de la 5G est loin d'être finie.