"Les employeurs se trompent sur ce dont les employés ont besoin pour se sentir bien"
De plus en plus d'entreprises ont recours à une aide professionnelle externe dans ce domaine.

- Publié le 29-04-2021 à 14h17
- Mis à jour le 01-05-2021 à 21h05

Libre Eco week-end |
Un employé sur trois n'est pas satisfait de la façon dont son entreprise a géré la crise du coronavirus, alors que trois quarts des employeurs sont convaincus du contraire. Voici l'un des constats qui ressort de l'étude menée par iVox pour Hallelujah, une entreprise qui aide les organisations à accroître leur bonheur au travail de manière durable.
Autre chiffre : 72,6 % des employeurs estiment que les collaborateurs ont la possibilité de bien développer leurs compétences. Seuls 59,9 % des employés sont d'accord avec cela. De quoi révéler des écarts entre la perception du travail par les employeurs et les employés. "Les employeurs se trompent apparemment sur ce dont les employés ont besoin pour se sentir bien. En conséquence, la confiance dans le leadership est en baisse. Il est nécessaire de combler ce fossé pour créer un environnement de travail sûr et positif", note Dieter De Vos, fondateur d'Hallelujah, qui estime qu'en "raison notamment de l'incertitude de ces derniers mois, il y a une demande importante pour que les dirigeants se concentrent davantage sur une sécurité psychologique et offrent une aide et des conseils."
"Avec le bon soutien, les entreprises peuvent déjà faire beaucoup pour la santé mentale de leur personnel. Le recours à une aide professionnelle externe n'est pas encore très fréquent, mais nous l'encourageons vivement", indique, de son côté, Leen Scheepens, senior HR Manager Benelux&France chez Robert Half.
Programme d'assistance
Le spécialiste en recrutement offre désormais à ses collaborateurs un accompagnement proposé par l'entreprise spécialisée dans les services de soutien WorkPlace Options, l'Employee Assistance Programme. Celui-ci offre des outils de soutien dans différents domaines : soutien émotionnel, coaching, conseils juridiques…
"Dans les pays anglo-saxons, il y a un historique lié à l'utilisation de ce type de services. Chez nous, c'est plus neuf. En Europe, on estime que seule une entreprise sur quatre le propose", précise Anna Smets, director Business Solutions de Workplace Options. "La crise que nous connaissons a fortement contribué à son développement. Auparavant, de nombreux employeurs estimaient que ce n'était pas nécessaire. Mais maintenant, ils se rendent bien compte de l'importance de s'occuper du bien-être de leurs collaborateurs. Cela a un impact dans les résultats de l'entreprise. Certes, ce service a un coût mais il faut plus le voir comme un investissement. C'est important d'offrir ce type d'aide car tout le monde n'a pas le budget pour aller voir un psychologue ou un coach. Le prix est souvent un frein pour consulter."
Pour Anna Smets, l'avantage pour une entreprise de faire appel à un service externe pour les questions de bien-être réside surtout dans la confidentialité. "Les collaborateurs parlent plus facilement à quelqu'un de l'extérieur. L'employeur ne sait pas qui a appelé ni pour quelles raisons. Ce que nous communiquons, c'est le nombre d'employés qui font appel à nos services et pour quelles thématiques. C'est intéressant pour un employeur de voir les sujets qui préoccupent ses collaborateurs."
Workplace Options, une aide globale
Si un job peut causer du stress, il en est de même de situations personnelles, et cela avec un impact sur le travail. "C'est pourquoi nous avons une approche holistique. Nous ne prenons pas qu'une partie de la personne", explique Anna Smets, director Business Solutions chez Workplace Options. Fondée en 1982 et active dans plus de 200 pays et territoires, cette société américaine, présente en Belgique depuis plus de 20 ans, propose des programmes intégrés de soutien aux employés. "Nous intervenons en préventif et curatif. Pour des problèmes personnels et professionnels. Pour le salarié mais aussi sa famille", précise Anna Smets. Le client fixe les services qu'il souhaite offrir à ses collaborateurs et paie un abonnement. "Le service de base est déjà très vaste." Les employés ont accès à tout moment à des psychologues, coaches et consultants qui sont disponibles par téléphone, mail, sms… Pour des soucis ou du stress professionnels, des problèmes privés, un coaching physique ou de santé (arrêter de fumer, par exemple), un problème de gestion du temps, des questions pratiques… "Ils peuvent, par exemple, nous déléguer des tâches, comme la recherche d'un camp d'été pour les enfants", raconte Anna Smets.
"Le seul domaine où l'on n'intervient pas, c'est quand il y a conflit avec l'employeur." Workplace Options propose aussi aux entreprises du consulting en bien-être, organise des sessions de sensibilisation, des formations… "Cela incite les collègues à parler entre eux, à prendre conscience de certains problèmes… C'est tout un processus qui se met en route et contribue au bien-être des travailleurs, des équipes et, finalement, de l'entreprise."
Des "shots" de bonheur
Selon l'enquête réalisée par Hallelujah, trois initiatives peuvent être mises en place à court terme par les managers pour répondre aux besoins principaux des employés en matière de soutien : la reconnaissance, des conditions de travail plus faciles et une meilleure communication. "Il faut montrer que l'employeur accorde de l'attention aux collaborateurs. Cela permet d'augmenter la confiance", note Dieter De Vos, fondateur. Créée il y a quatre ans, l'entreprise belge Hallelujah propose d'organiser un trajet qui répond aux besoins particuliers de chaque société et est fait de la somme de petites expériences, des shots. "Il ne s'agit pas d'organiser une grande fête pour Noël ou un voyage, mais bien plein de petites choses", poursuit Dieter De Vos. Cela peut être un compliment, une blague, un conseil, un feedback, un colis, un petit challenge, une balade… Chacun peut le faire pour son collègue. "Des ambassadeurs sont désignés au sein de l'organisation pour initier ces moments. Il s'agit de personnes à tous les niveaux de l'entreprise et pas seulement des managers. Et cela a un effet boule de neige." Avec quel impact ? "On constate que le bien-être général des employés est amélioré. C'est encore plus important avec la crise actuelle. Ces shots permettent aux employés de garder le contact." Le trajet prend minium un an. "Il faut que la pratique puisse s'intégrer dans la culture de l'entreprise. Il est important de créer un climat de bien-être, de communication ouverte, pour augmenter la motivation et la confiance", précise Dieter De Vos, qui souhaite avoir réalisé, d'ici 2025, 5 millions de shots dans les entreprises belges.
