"Chaque dollar perçu illégalement doit être remboursé immédiatement" : Alliés et adversaires de Trump réagissent à la décision de la Cour suprême
Les premières réactions internationales n'ont pas tardé après la décision de la Cour suprême américaine jugeant illégaux les droits de douane imposés par Donald Trump.


- Publié le 20-02-2026 à 17h22
- Mis à jour le 21-02-2026 à 11h30

La Cour suprême américaine vient de rappeler Donald Trump à l'ordre. Ce vendredi, celle-ci a jugé que le président avait outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant des droits de douane sur la quasi-totalité des produits entrant aux États-Unis.
Par six voix contre trois, la plus haute juridiction du pays a estimé que l'argument d'"urgence économique" brandi par l'ancien président ne tenait pas. Cet argument, utilisé pour agir sans passer par le Congrès, ne suffisait visiblement pas à fonder juridiquement des mesures aussi larges. À noter que la décision cible les droits de douane dits "réciproques", présentés par Donald Trump comme une riposte aux barrières commerciales imposées par d'autres pays.
Une décision qui a directement fait réagir la Commission européenne. Via son porte-parole Olof Gill, interrogé par l'AFP, l'UE affirme étudier "avec attention" la décision de la Cour suprême américaine, "Nous prenons note de la décision, et nous l'analysons avec attention". Ce dernier indique attendre "des éclaircissements" de l'administration américaine "quant aux mesures qu'elle entend prendre en réponse à cette décision". "Les entreprises des deux côtés de l'Atlantique dépendent de la stabilité et de la prévisibilité des relations commerciales. C'est pourquoi nous continuons de plaider en faveur de droits de douane faibles et d'œuvrer à leur réduction", a-t-il ajouté.
L'eurodéputé social-démocrate allemand Bernd Lange, influent chef de cette commission parlementaire, a également annoncé dans un communiqué qu'il avait convoqué lundi prochain "une réunion extraordinaire de l'équipe de négociation et du service juridique du Parlement européen, afin de discuter de la marche à suivre et des implications pour le calendrier prévu".
"Étant donné qu'une grande partie des droits de douane réciproques repose sur un cadre juridique désormais contesté, ni le gouvernement américain ni l'Union européenne ne peuvent simplement reprendre leurs activités comme si de rien n'était", a-t-il souligné.
Nous nous attendons à ce que notre position commerciale privilégiée avec les États-Unis se maintienne".
Le Royaume-Uni mise sur son statut privilégié
Le gouvernement britannique a de son côté affirmé qu'il allait échanger avec l'administration Trump pour comprendre comment le Royaume-Uni sera touché par cette décision. "Nous travaillerons avec l'administration américaine pour comprendre comment cette décision affectera les droits de douane pour le Royaume-Uni et le reste du monde", a indiqué un porte-parole du gouvernement dans un communiqué, promettant de "soutenir les entreprises britanniques à mesure que de plus amples précisions seront annoncées".
"Le Royaume-Uni bénéficie des droits de douane réciproques les plus faibles au monde et, quel que soit le scénario, nous nous attendons à ce que notre position commerciale privilégiée avec les États-Unis se maintienne", a-t-il ajouté, un accord avec Washington permettant à Londres de bénéficier de taxes douanière limitées à 10 % sur la plupart des produits britanniques.
"Ne cédez pas à la panique" lance la Maison-Blanche
En attendant la conférence de presse de Donald Trump à 18h45, une première réaction est venue de la Maison-Blanche. Dans un message publié sur X, la cheffe du protocole des États-Unis Monica Crowley veut calmer le jeu. "Le président Trump dispose de nombreux outils dans sa boîte à outils tarifaire. Ne cédez pas à la panique ! Faites confiance à Trump."
"Une victoire" selon l'ancien vice-président de Trump
Mike Pence, l'ancien vice-président des États-Unis lors du premier mandat de Donald Trump, est également allé de son commentaire après cette annonce. Sur X, il salue une "victoire pour le peuple américain et une victoire pour la séparation des pouvoirs inscrite dans la Constitution des États-Unis".
Chaque dollar perçu illégalement doit être remboursé immédiatement – avec intérêts. Passez à la caisse !"
"Grâce à cette décision historique, l'Amérique peut désormais renouer avec la poursuite du libre-échange avec les nations libres, conformément à la Constitution des États-Unis !", a-t-il ajouté.
Toujours aux États-Unis, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a appelé Donald Trump à immédiatement émettre des chèques de remboursement des droits de douane aux Américains. "Chaque dollar perçu illégalement doit être remboursé immédiatement – avec intérêts. Passez à la caisse !", a-t-il lancé par voie de communiqué. "Ces droits de douane n'étaient rien d'autre qu'une ponction illégale qui a fait grimper les prix et nui aux familles travailleuses, afin que vous puissiez saper des alliances de longue date et les extorquer".
Le Canada conforté dans sa position
La décision de la Cour suprême des États-Unis "renforce la position du Canada" selon laquelle les droits de douane imposés par Donald Trump sont "injustifiés", a estimé Dominic LeBlanc, le ministre canadien chargé de la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis.
