Secteur financier : regard sur les 30 dernières années
Avec la rédaction de cette dernière chronique sonne l'heure des bilans. Analyse de l'évolution parfois inattendue du secteur de la finance.
- Publié le 29-06-2026 à 09h41

C'était en 1992 : première chronique dans ce que l'on appelait encore à l'époque La Libre Entreprise initiée par le regretté Pierre Loppe. C'était un temps où les investisseurs belges étaient principalement tournés vers les titres individuels alors que les sicav faisaient leur apparition dans les portefeuilles. On parlait encore de la Générale de Banque, de la BBL, de la Kredietbank, du Crédit Général, du Crédit Communal ou encore de la Royale Belge. À l'heure du papier roi, on payait ses achats avec des chèques, on envoyait des fax et les clients recevaient leurs extraits de compte par la poste ou aux guichets des banques qui étaient bien plus nombreux qu'aujourd'hui. Les opérations y étaient encore comptabilisées en francs belges.
Internationalisation et gestion indicielle
On a assisté ensuite à l'arrivée de l'euro et plusieurs acteurs étrangers ont intensifié leur offre de fonds aux investisseurs belges.
Aujourd'hui, la plupart des portefeuilles sont investis auprès de sociétés d'asset management internationales et il y a, sur le marché, plus de fonds et de trackers que de sociétés cotées en Bourse.
De ce fait, la diversification et l'architecture ouverte se sont étendues au fil des ans offrant aux investisseurs une gamme de plus en plus large de choix à la fois sectoriels ou géographiques.
Aujourd'hui, la plupart des portefeuilles sont investis auprès de sociétés d'asset management internationales et il y a, sur le marché, plus de fonds et de trackers que de sociétés cotées en Bourse. Le secteur de la gestion d'actifs a connu des fusions importantes rendant la taille de ses acteurs de plus en plus grande.
La gestion active qui a prévalu pendant plusieurs décennies a vu arriver une concurrence accrue de la part de la gestion indicielle grâce au développement de la gamme des ETF. L'investissement socialement responsable a aussi émergé dans les années 90 avec, au départ, des fonds qui étaient essentiellement basés sur l'exclusion de secteurs controversés.
Aujourd'hui, on parle d'investissements durables, d'ESG (environnement, social et gouvernance) ou d'impact investing. Cette gamme d'actifs dispose également de son label, le Towards Sustainability, et l'Europe a légiféré dans ce domaine notamment par le biais de la réglementation SFDR.
Surveillance et digitalisation
Actuellement, le secteur financier est soumis à une surveillance plus stricte de la part des autorités de contrôle. Ces trois dernières décennies ont vu émerger un florilège de lois, réglementations ou directives dans le secteur financier. Par ailleurs, une fonction prend de plus en plus d'importance au sein des institutions financières : celle de compliance officer.
La digitalisation du secteur a également connu un élan supplémentaire avec la crise du Covid.
Il faut dire que la crise de 2008 est passée par là avec son lot de pertes financières et d'incompréhension de la part des investisseurs. Elle a fait vaciller le secteur financier dans son ensemble. Exit l'actionnariat purement belge avec des prises de participations étrangères donnant lieu à l'apparition de BNP Paribas Fortis ou ING Belgique. La crise a aussi fait apparaître les lacunes des investisseurs belges en matière d'éducation financière face à des produits de plus en plus complexes.
La digitalisation du secteur a également connu un élan supplémentaire avec la crise du Covid. Aujourd'hui, les opérations se traitent en ligne et si l'on veut voir son banquier, il faut prendre rendez-vous.
La Bourse de Bruxelles est devenue Euronext en s'alliant à d'autres bourses européennes.
Quant à la taxation des produits financiers, elle n'a fait que croître au fil des ans avec, notamment, un précompte mobilier qui a triplé et l'instauration d'une taxe sur les plus-values.
De nouveaux acteurs sont également apparus : les fintechs. Exit le papier, ces sociétés offrent des services en ligne dans tous les domaines de la finance en marge des acteurs traditionnels.
Cette digitalisation a aussi son revers. Les fraudes à l'investissement se sont intensifiées. La FSMA, régulateur des marchés, met fréquemment en garde les investisseurs contre ce type de pratiques.
Quant à la taxation des produits financiers, elle n'a fait que croître au fil des ans avec, notamment, un précompte mobilier qui a triplé et l'instauration d'une taxe sur les plus-values.
En revanche, un élément a peu évolué : la place des femmes dans ce secteur.
En revanche, un élément a peu évolué : la place des femmes dans ce secteur. Si elles sont effectivement de plus en plus nombreuses à occuper des postes stratégiques, elles n'en restent pas moins encore minoritaires dans ce secteur à prédominance masculine.
Si un épisode se tourne aujourd'hui pour votre chroniqueuse financière, le secteur a, quant à lui, encore beaucoup de pages à écrire.