Félix Tshisekedi prêt à se plier à un vrai dialogue national inclusif ?
La présidence congolaise parle d'un dialogue inclusif et républicain.

- Publié le 17-07-2026 à 20h32

Le président congolais Félix Tshisekedi traverse des moments compliqués. Mis à mal sur le front militaire alors qu'il avait annoncé qu'il allait reprendre les villes de Bukavu et Goma, il a dû déchanter et a découvert à ses dépens qu'il avait perdu l'exclusivité de l'emploi des drones sur les Hauts-Plateaux de Minembwe. Incapable de répondre aux conditions mises par les plans de paix, notamment sur la question de la démilitarisation des FDLR et sur la mise à disposition des mines promises aux États-Unis, mis sous pression par les chefs d'État de la région inquiets des risques d'implosion de ce géant d'Afrique centrale mais aussi surpris par la mobilisation populaire face à son intention de changer la constitution pour s'offrir au moins un 3e mandat, le président congolais a annoncé ce vendredi, lors d'une rencontre avec les principales figures des grandes communautés religieuses de la RDC qu'il était disposé à organiser "un dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale dans le respect des institutions et de la Constitution", selon les termes de la présidence congolaise sur X.
Reste à savoir ce qui se cache derrière chaque adjectif. L'inclusivité était une demande des grandes Églises (catholique et protestante) mais aussi notamment du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi. L'adjonction des termes "résolument républicain" peut laisser penser que le mouvement AFC/M23 qui gouverne depuis un an et demi de vastes portions du territoire dans l'est de la RDC sera exclu de ce dialogue. Il pourrait en être de même pour le président Joseph Kabila, acteur politique incontournable, condamé à mort après un procès peu crédible mené par la justice congolaise.
Comme en 2016
L'annonce de ce dialogue fait inévitablement penser au dialogue de 2016. Joseph Kabila qui arrivait au terme de son second mandat a lui aussi été contraint face aux tensions nationales – sans oublier la pression internationale, nettement moins forte pour l'instant – d'organiser un dialogue qui avait abouti à un "glissement" de deux ans et l'organisation d'un scrutin sans le président atteint par limite des deux mandats en 2018.
L'éventuel dialogue de 2026 sera-t-il la répétition de celui de 2016 ? Les conditions sont bien différentes et le casting a été solidement remodelé.