A Chypre, le pape appelle à "l'unité" et à "dépasser les divisions"

Le pape François est arrivé jeudi après-midi sur l'île de Chypre pour une visite de 48 heures, première étape de son voyage en Méditerranée orientale qui le mènera ensuite en Grèce, a constaté un journaliste de l'AFP.

AFP

Le pape François, en visite à Chypre, a appelé jeudi à "l'unité" ainsi qu'à "dépasser les divisions", au moment où l'île méditerranéenne membre de l'Union européenne fait face à une importante crise migratoire.

"Pour construire un avenir digne de l'Homme, il faut travailler ensemble, dépasser les divisions, abattre les murs et cultiver le rêve de l'unité", a affirmé le souverain pontife dans une cathédrale maronite à Nicosie.

"Nous avons besoin de nous accueillir et de nous intégrer, de marcher ensemble", a-t-il ajouté.

Il a évoqué la Méditerranée comme "une mer d'histoires différentes, une mer qui a bercé tant de civilisations, une mer d'où débarquent, aujourd'hui encore, des personnes, des peuples et des cultures de toutes les parties du monde".

Dans un message vidéo publié avant ce voyage, François avait décrit cette mer comme un "immense cimetière", en raison des milliers de migrants morts en tentant de rejoindre l'Europe.

Le pape, faisant référence à la diversité religieuse de Chypre, a également appelé à "ne pas faire de la diversité une menace pour l'identité".

Selon lui, "la présence de plusieurs de nos frères et soeurs migrants" a fait de l'île "un véritable point de rencontre entre différentes ethnies et cultures".

La République de Chypre, qui n'exerce son autorité que sur les deux-tiers sud de l'île à majorité hellénophone, dit compter le nombre le plus élevé de premières demandes d'asile des 27 membres de l'UE par rapport à sa population de près d'un million d'habitants.

Elle accuse la Turquie d'instrumentaliser les migrants irréguliers en leur permettant de passer côté sud depuis la République turque de Chypre-Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara.

Selon les autorités chypriotes, des négociations sont en cours afin d'organiser le départ vers Rome de plusieurs familles de migrants vivant à Chypre, à l'image de ce que le pape avait fait sur l'île grecque de Lesbos en 2016. Il était alors rentré au Vatican avec trois familles syriennes ayant fuit la guerre dans leur pays.