Les révélations sur les maisons de repos Orpea "absolument révoltantes", déclare Gabriel Attal

Dans un livre-enquête publié lundi, le journaliste indépendant Victor Castanet décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité du groupe d'Ehpad privés, et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort.

Les révélations sur les maisons de repos Orpea "absolument révoltantes", déclare Gabriel Attal
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Les révélations d'un livre décrivant des dysfonctionnements dans des Ehpad privés du groupe Orpea sont "absolument révoltantes" et appellent à des sanctions de "la plus grande sévérité (...) si les faits sont avérés", a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

"Nos aînés méritent le respect, ils méritent le meilleur, et il est hors de question que de tels agissements puissent être tolérés dans notre pays", a-t-il ajouté à l'issue du Conseil des ministres.

"Les révélations faites dans ce livre sont absolument révoltantes, vous avez le ventre noué en lisant des choses pareilles, et si ces faits sont avérés, ils devront évidemment être sanctionnés avec la plus grande sévérité", a-t-il insisté.

Gabriel Attal a précisé que la ministre déléguée chargée de l'Autonomie des personnes âgées Brigitte Bourguignon rencontrerait "dans les plus brefs délais" le directeur général d'Orpea Jean-Christophe Romersi, "à la demande du ministre de la Santé Olivier Véran".

Le gouvernement a également demandé à l'Agence régionale de Santé d'Ile-de-France son "dernier rapport de contrôle inopiné sur cet établissement et les suites qui avaient été données", des données qui remontent à l'"année 2018" selon M. Attal.

Un livre qui dénonce de graves défaillances

Des personnes âgées "rationnées", abandonnées dans leurs excréments ou laissées sans soin pendant des jours: la parution d'un livre-enquête dénonçant l'obsession de la rentabilité au sein du groupe privé de maisons de retraite Orpea a entraîné lundi une chute brutale de son cours à la Bourse de Paris. Le titre du groupe français, gestionnaire de cliniques privées et de maisons de retraite, et également présent en Belgique, a perdu plus de 16%, avant que sa cotation ne soit suspendue, à la demande de la société.

Le groupe est mis en cause dans le livre "Les Fossoyeurs", du journaliste Victor Castanet, à paru mercredi chez Fayard, et dont Le Monde a publié lundi les "bonnes feuilles".

L'auteur y décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité de l'entreprise. Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort.

Une auxiliaire de vie, dont l'auteur a recueilli le témoignage, raconte par exemple à quel point elle devait "se battre pour obtenir des protections" pour les résidents.

"Nous étions rationnés: c'était trois couches par jour maximum. Et pas une de plus. Peu importe que le résident soit malade, qu'il ait une gastro, qu'il y ait une épidémie. Personne ne voulait rien savoir", raconte cette femme dans "Les Fossoyeurs".

Le livre revient également sur les conditions de la mort de l'écrivaine Françoise Dorin en janvier 2018, des suites d'une escarre mal soignée, moins de trois mois après son entrée dans un des établissements du groupe Orpea.

La tempête boursière déclenchée par la parution de cet ouvrage a également touché d'autres groupes privés gérant des maisons de retraite: le titre Korian a perdu quelque 10% dans le courant de l'après-midi, et celui de LNA santé plus de 4% - dans un marché globalement en très forte baisse de 3,55%.

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