Guerre en Ukraine : une faible lueur d'espoir dans les négociations

En Turquie, les négociateurs ukrainiens et russes ont avancé sur un possible accord de cessez-le-feu. Les garanties d'un éventuel statut de neutralité pour l'Ukraine ne font pas consensus.

S.Vt. (d’après AFP)

La Russie, dont l'armée a montré ses limites, entame-t-elle un véritable repli ? Elle avait annoncé vendredi qu'elle concentrerait ses efforts militaires sur le Donbass, dans l'est de l'Ukraine. Depuis, Irpine a été libéré aux portes de Kiev, mais l'armée russe a, ce mardi encore, bombardé Mikolaïv, dans le Sud. Une - faible - lueur d'espoir est venue d'Istanbul. "Les négociations sur un accord sur la neutralité et le statut non nucléaire de l'Ukraine entrant dans une dimension pratique […], il a été décidé, pour accroître la confiance, de réduire radicalement l'activité militaire en direction de Kiev et de Tcherniguiv", a assuré le vice-ministre russe de la Défense. Alexandre Fomine sortait d'une nouvelle séance de pourparlers russo-ukrainiens, "substantiels", qui avaient repris mardi en Turquie.

Conséquences immédiates de cette annonce, l'euro (1,2 %) et, plus encore, le rouble (10,5 %) ont fortement monté face au dollar américain, tandis que le pétrole brut perdait plus de 5 %.

Des pays garants

L'Ukraine a confirmé ce que son Président avait déjà annoncé : elle accepte d'être neutre si elle obtient un "accord international" signé par plusieurs pays garants, a indiqué le négociateur en chef David Arakhamia, mardi à Istanbul. "Nous voulons un mécanisme international de garanties de sécurité où les pays garants agiront de façon conforme au chapitre 5 de l'Otan, et même de façon plus ferme", a-t-il précisé. Pour rappel, cet article de défense collective stipule qu'une attaque contre l'un de ses membres est une attaque contre tous. Et, pour M. Arakhamia, les États-Unis, la Chine, la France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu, ainsi que la Turquie, l'Allemagne, la Pologne et Israël doivent en faire partie. "L'Ukraine acceptera un statut neutre si le système de garanties de sécurité fonctionne." La Crimée et les territoires du Donbass sous contrôle des séparatistes prorusses resteraient cependant "temporairement exclus" de l'accord, a encore précisé le négociateur.

Aussi David Arakhamia a-t-il estimé que les conditions étaient "suffisantes" pour organiser une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky - ce que le second réclame depuis longtemps déjà. Les propositions "claires" de l'Ukraine vont "très prochainement" être "étudiées et soumises au président" Poutine, a pour sa part annoncé le représentant du Kremlin, Vladimir Medinski. Un sommet entre les deux chefs d'État en guerre, avec la participation de "représentants de pays garants", "serait possible en cas d'accord pour mettre fin aux hostilités". Pour autant qu'un "travail rapide sur l'accord" soit effectué et que "les compromis nécessaires" soient trouvés, "la possibilité de conclure la paix se rapproche".

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