Maria Kolesnikova et Ales Bialiatski, figures emprisonnées du combat contre Alexandre Loukachenko : "Je fais ce que je considère bien et nécessaire"
La Biélorussie garde 1 256 prisonniers politiques sous les verrous, dénombre le Centre des droits humains Viasna.

- Publié le 26-01-2025 à 08h03
- Mis à jour le 27-01-2025 à 10h14

"Au 23 janvier, 1 256 personnes en Biélorussie sont considérées comme des prisonniers politiques" et "leur nombre augmente presque chaque semaine". Qualifié de "formation extrémiste" par le régime d'Alexandre Loukachenko, le Centre des droits humains Viasna continue inlassablement son combat pour que ne soient pas oubliés ses militants emprisonnés, les manifestants pacifiques, hommes d'affaires, blogueurs et autres opposants qui, pour la plupart, ont fait et font "l'objet de poursuites pénales motivées par des considérations politiques".
Parmi eux, le président de Viasna et colauréat du prix Nobel de la paix 2022, Ales Bialiatski, ainsi que l'opposante et colauréate du prix Sakharov 2020, Maria Kolesnikova. Tous deux étaient membres du "conseil de coordination" mis en place par l'opposition biélorusse en 2021, après la réélection frauduleuse du dictateur qui avait entraîné un mouvement de protestation massif en 2020.
Le premier, spécialiste de la littérature biélorusse, 62 ans, a été condamné à 10 ans de prison le 3 mars 2023. Les activités du fondateur de Viasna l'avaient déjà conduit derrière les barreaux entre 2011 et 2014. Il a alors repris le combat. "Je fais ce que je considère bien et nécessaire", nous disait-il en 2017. Sa santé se détériorant, Amnesty International a réclamé sa "libération immédiate et inconditionnelle" l'été dernier. En vain.

La seconde, musicienne, 42 ans, a été condamnée à 11 ans le 6 septembre 2021. Masha, comme ses proches la surnomment, formait, avec Svetlana Tikhanovskaïa (que beaucoup considèrent comme la présidente élue) et Veronika Tsepkalo, un trio féminin de choc qui avait mobilisé les foules et les électeurs face à Alexandre Loukachenko en 2020. Seule des trois opposantes à être restée au pays, Maria Kolesnikova était devenue la première figure de l'opposition en Biélorussie même. Selon le quotidien polonais Gazeta Wyborza, elle est détenue à l'isolement en colonie pénitentiaire à Gomel.